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Un voyage qui dure 25 ans!

Une Malaise de 76 ans vivant dans le sud de la Thaïlande qui s’était trompée de bus il y a vingt-cinq ans et avait échoué à l’autre bout du pays a finalement retrouvé sa famille. Parlant uniquement le malais et incapable de parler, de lire ou d’écrire le thaï, Jaeyaena Beuraheng était montée dans un bus en Malaisie en pensant qu’il se dirigeait vers Narathiwat, une des trois provinces à majorité musulmane de la Thaïlande.

En fait, son voyage s’est terminé à 1.200 km au nord de Bangkok. Sa situation a empiré quand elle a pris un autre bus qu’elle croyait aller vers le Sud et échoué à Chiang Mai, encore 300 km plus au nord, rapporte mardi le journal Nation.

Elle a mendié pendant cinq ans avant d’être arrêtée en 1987 et placée dans un centre pour sans-abri dans une province avoisinante. Elle a finalement retrouvé ses huit enfants, à qui on avait fait croire qu’elle était passée sous un train, après que trois étudiants de Narathiwat travaillant au centre lui ont parlé.

Le directeur du centre, Jintana Satjang a déclaré à Reuters que c’était «seulement quand les étudiants sont venus et qu’elle leur a parlé que nous avons réalisé qu’elle n’était pas muette».

Les trois provinces thaïlandaises les plus au sud ont été annexées par Bangkok il y a un siècle mais ont gardé leur identité culturelle. Environ 80% de leur population est musulmane et parle le malais.

Source: Liberation.fr

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« Son Excellence Monsieur le Président de la République  !» A la voix solennelle du directeur du protocole d’Etat, la grande salle du Palais soudain se fige. Tous les regards s’orientent vers la même direction. Le voilà ! Dans un costume toujours d’excellente coupe, le prince avance, le pas assuré et l’air royalement sérieux. Et si seulement le temps pouvait suspendre son vol. Ces moments de janvier, il les veut éternels. La nation, à travers son élite, est venue lui signifier sa reconnaissance et lui souhaiter longue vie. Bientôt, des généraux, des ministres, des magistrats, des édiles, des députés, des universitaires, des hommes d’affaires,  viendront se prosterner devant lui, pour un salut révérencieux, le bras gauche dans le dos, l’échine courbée et la main droite tendue. Certains, volontiers, lui baiseraient la main ou les pieds. Mais, il ne faut pas aller jusque-là, ce serait indécent. Pas besoin d’ailleurs d’en faire plus, cela se voit, le maître du pays c’est lui. Il gouverne. Il règne. Il pontifie même.

 

 

Y a-t-il encore quelque chose de républicain dans ces cérémonies solennelles de présentation de vœux ? La convivialité d’antan a laissé place au culte d’un homme. L’acte de civilité est progressivement devenu un acte d’allégeance. Cette année, un pas supplémentaire a été franchi vers la monarchie. Une ligne blanche bien visible, a été tracée au sol entre le prince et ceux qui viennent faire allégeance. Cela fait un bon mètre qui les sépare. De la sorte, ils ne pourront plus s’attarder pour lui glisser quelques doléances ou courtisaneries à l’oreille. Ce type de familiarités, le prince les abhorre. Il n’y a de pouvoir suprême que distant et froid. Alors, il crée la distance entre lui et ses collaborateurs qui désormais le déifient et l’appellent ‘’la haute hiérarchie’’, ‘’le patron’’, ‘’le très haut’’, voire tout simplement ‘’le ciel’’. Ceux à qui il adressera la parole à un moment donné de la cérémonie, seront enviés des autres. Et ces envieux à qui ceux-là parleront à leur tour, seront eux aussi enviés. Ne suffit-il pas que le prince ouvre sa bouche pour parler à quelqu’un pour que celui-là soit oint ?

 

 

Pour ne point qu’il y ait de la subversion, cette dérive monarchique doit être verticale. De retour dans son ministère, chaque ministre se devra d’organiser sa propre petite cérémonie de présentation de vœux, et de jouer à calife à la place du calife. Cette fois-ci, le maître ce sera lui. Il aura retrouvé son autorité, sa dignité, et toute sa superbe. Il sera debout, droit, les mains croisées en avant, imitant (à la perfection ?) l’attitude du prince, en attendant le salut révérencieux de ses directeurs distants de lui par ce trait blanc marqué au sol. Chaque directeur de retour dans sa direction, reproduira la cérémonie à son niveau, avec ses chefs de services. Et chaque chef de service fera pareillement dans son service avec les agents placés sous son autorité. Tout le mois de janvier sera ainsi pourvu en cérémonies par cette république paresseuse et pyramidale, où il est plus difficile de joindre l’édile du coin, que de rencontrer un lointain ministre européen. Une république qui a définitivement pris les allures d’une pièce montée de petits autocrates, et de petites cours, drapés de la noblesse d’Etat, avec tout au-dessus, le président comme la cerise sur le gâteau.

 

 

Mais, faut-il vraiment parler de dérive ? Ce pays essaimé de chefferies aux féodaux adorés, et où déjà, il est plus important d’être nommé que d’être élu, semble moins ouvert à la république et à ses débats, qu’à la monarchie et à la soumission servile. Ici, on adore les titres et le pouvoir absolu. Même au cœur du bon petit peuple, chacun est quelqu’un ou quelque chose, chef de ci ou de ça. C’est le pays au taux de présidents par kilomètre carré le plus élevé au monde. On est toujours président de quelque chose : d’un parti politique, d’un club de football, d’un groupe de danse, d’une association, d’un conseil de famille, d’une entreprise, d’anciens de ceci ou de cela. Et président, cela veut dire, avoir un pouvoir illimité, décider de tout et de rien, décider souverainement du sort des uns et des autres. Et surtout, être intouchable, n’avoir de compte à rendre à personne. On n’est pas président pour rendre compte, mais pour diriger, commander, plastronner. Ici, on est président un peu comme on est roi ailleurs.

 

 

Alors, avec cette révérence institutionnalisée et cette tradition de la monarchie, pourquoi ne pas sauter le pas ? On n’aurait qu’à obéir à cette réplique célèbre de la Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire : « un roi, une cour, un royaume, voilà, si nous voulons être respectés, ce que nous devrions montrer. Un chef à la tête de notre nation. Une couronne sur la tête de notre chef ! » Au moins, comme cela se voit ailleurs, on y gagnerait un Premier ministre chargé de travailler et responsable devant le peuple.

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : politique
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La Chine mise sur l’Afrique

 

En 2005, Pékin a accordé à l'Afrique presque autant de crédits que la Banque Mondiale

Le président chinois, Hu Jintao, a entamé le 30 janvier dernier sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Au programme de ce périple, la visite de huit pays: le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. Tout au long de ses 12 jours de voyage, le président chinois s‘efforcera de consolider les accords signés en novembre 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Ces accords sont venus confirmer l’intérêt que les Chinois manifestent pour l’Afrique depuis plusieurs années.

L’irruption de la Chine dans les affaires du continent est un événement majeur du début de ce siècle. Il s’agit d’un bouleversement des rapports de force mis en place au moment des indépendances. Longtemps, l’Afrique a été en relation avec deux partenaires, l’Europe et les Etats-Unis. Désormais, ces deux puissances se voient contestées par la Chine. L’intérêt de la Chine pour l’Afrique est d’abord économique.

Les échanges entre le continent et le pays le plus peuplé de la planète ont été multipliés par 50 entre 1980 et 2005. Ils atteignent désormais environ 40 milliards de dollars. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du continent, derrière la France et les Etats-Unis. Ce mouvement s’est accéléré au cours des dernières années. D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40% en 2006.

Les matières premières dont le continent regorge intéressent la Chine. Deux produits attirent tout particulièrement Pékin: le pétrole et le coton. A elles deux, ces productions représentent, selon des chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement), 68 % des importations chinoises d’Afrique. Le pétrole est la priorité des Chinois. Entre 1998 et 2005, les importations chinoises de brut africain sont passées de 100.000 à 900.000 barils /jour.

Les compagnies chinoises exploitent et surtout prospectent dans des pays qui n’ont pas encore officiellement découvert de pétrole comme le Niger ou le Mali. Les opérateurs chinois viennent aussi concurrencer Américains et européens dans certains de leurs fiefs comme l’Angola, le Congo ou le Gabon. L’intérêt chinois pour le pétrole africain est dicté par le seul besoin. Avec son taux de croissance à deux chiffres, la machine économique chinoise tourne à plein régime et recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’augmentation des achats de coton africain répond à cet appétit de matières premières mais aussi à un choix géopolitique. La Chine entend en effet devenir moins dépendante du coton américain. Entre 40% et 60% de son industrie textile tourne avec des fibres cultivées aux Etats-Unis. En une décennie le coton d’Afrique de l’ouest est passé de 2,2% des importations chinoises à plus de 15%. D’importants producteurs de coton comme le Burkina Faso ou le Bénin vendent plus de 50 % de leur récolte de coton à la Chine.

En Afrique, la Chine achète et prête. Son Plan Afrique décidé pendant la conférence de Pékin prévoit deux milliards de dollars de crédit à taux préférentiel. Cette somme s’inscrit dans un package total de cinq milliards de dollars promis par les dirigeants chinois. Pékin voudrait construire une zone de coopération économique et commerciale et doubler son aide publique au développement pour les trois prochaines années.

Selon des chiffres compilés par le Financial Times, les prêts chinois à l’Afrique sont désormais quasi égaux à ceux accordés au continent par la Banque Mondiale. Ce choix marque une différence claire avec les pratiques des pays occidentaux, qui conditionnent fréquemment leur aide à la bonne gouvernance et au mieux disant démocratique. Cette absence d’intérêt politique pour le continent constitue un retournement de situation, les premiers contacts entre l’Afrique indépendante et la Chine se sont faits sur le terrain politique.

La chine communiste a d’abord soutenu le processus de décolonisation, puis tenté de trouver un soutien diplomatique en Afrique dans sa rivalité avec Taiwan.

Source : bbc.com

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