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  • Suzanne cogite

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Un voyage qui dure 25 ans!

Une Malaise de 76 ans vivant dans le sud de la Thaïlande qui s’était trompée de bus il y a vingt-cinq ans et avait échoué à l’autre bout du pays a finalement retrouvé sa famille. Parlant uniquement le malais et incapable de parler, de lire ou d’écrire le thaï, Jaeyaena Beuraheng était montée dans un bus en Malaisie en pensant qu’il se dirigeait vers Narathiwat, une des trois provinces à majorité musulmane de la Thaïlande.

En fait, son voyage s’est terminé à 1.200 km au nord de Bangkok. Sa situation a empiré quand elle a pris un autre bus qu’elle croyait aller vers le Sud et échoué à Chiang Mai, encore 300 km plus au nord, rapporte mardi le journal Nation.

Elle a mendié pendant cinq ans avant d’être arrêtée en 1987 et placée dans un centre pour sans-abri dans une province avoisinante. Elle a finalement retrouvé ses huit enfants, à qui on avait fait croire qu’elle était passée sous un train, après que trois étudiants de Narathiwat travaillant au centre lui ont parlé.

Le directeur du centre, Jintana Satjang a déclaré à Reuters que c’était «seulement quand les étudiants sont venus et qu’elle leur a parlé que nous avons réalisé qu’elle n’était pas muette».

Les trois provinces thaïlandaises les plus au sud ont été annexées par Bangkok il y a un siècle mais ont gardé leur identité culturelle. Environ 80% de leur population est musulmane et parle le malais.

Source: Liberation.fr

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On ne versera pas une larme pour lui. Dans la guerre pétrolière que les Etats-Unis livrent à l’Irak depuis mars 2003, Saddam Hussein a tout perdu, son pouvoir, son honneur et sa dignité ; ses fils, sa famille et maintenant sa vie. L’ancien dictateur irakien ne mérite pas pour autant de la compassion. Parce qu’il a sa place  dans les poubelles de l’histoire, aux côtés de Hitler, de Pol Pot et de tous les autres autocrates sanguinaires qui ont hanté le 20e siècle. Saddam Hussein a dirigé l’Irak d’une main de fer pendant 35 ans, faisant assassiner tous ceux qui pouvaient représenter une menace pour son pouvoir sans partage. Il n’hésita pas à massacrer la population de villages entiers chez les Chiites du Sud et les Kurdes du Nord qui s’essayaient à la révolte. Fallait-il pour autant exécuter le Raïs, et répondre à la barbarie par la barbarie ?

 

L’image qui fait actuellement le tour du monde, d’un Saddam Hussein suspendu à son gibet, met mal à l’aise. On ne saurait applaudir cette exécution. Et pas seulement par principe et parti pris contre la peine de mort. La pendaison de l’ancien dictateur ne fera pas oublier qu’il ne fut point appréhendé pour ses crimes avérés contre l’humanité, mais plutôt à la suite d’une guerre menée contre son pays pour des motifs que l’histoire a déjà jugé fallacieux, comme la construction d’armes de destruction massive. Elle ne fera pas non plus oublier que son procès fut une vraie parodie de justice, instrumentalisée par l’occupant américain et sans qu’on lui reconnaisse le simple droit de bénéficier d’une défense digne de ce nom.

 

Par-dessus tout, l’exécution hâtive de Saddam Hussein, un jour saint chez les musulmans, soustrait le Raïs à la justice. Paradoxalement. Comme si cela en était finalement l’objectif, elle empêche de faire la lumière sur un passé douloureux, de Alfa à Haladja, en privant le monde d’un procès global sur d’autres horreurs pour lesquelles le Raïs était poursuivi et qui n’allaient pas manquer de mettre à nue les complicités de l’Occident. Saddam Hussein était un autocrate, mais un dictateur bien utile aux Européens et aux Américains qui s’en servaient pour combattre l’Iran de l’Ayatollah Khomeiny et lui fournissaient pour les besoins de la cause, le matériel militaire qu’il voulait, et ces fameuses armes chimiques dont il ne manqua pas de faire l’usage qu’aujourd’hui l’histoire lui reproche.

 

En ce début de 21e siècle, Saddam Hussein est donc la mauvaise conscience d’une société occidentale messianique et prétentieuse. Mais une société, comme le disait Albert Camus, subitement rendue aux épouvantes primitives, et où toute équité comme toute dignité, ont disparu. En trois ans d’une guerre atrocement injuste, l’Amérique de Bush a transformé l’Irak en une vaste boucherie, une sorte de chaos explosif où selon un rapport de l’Onu, en moyenne 100 Irakiens meurent chaque jour qui passe, de mort violente dans les combats contre l’armée américaine d’occupation, ou dans la guerre civile, au point de faire regretter à beaucoup, l’Irak de Saddam. Mais, de toutes ces personnes arrachées à la vie et du crime de destruction de l’Irak, personne demain ne répondra. Surtout pas les Américains qui en sont responsables. Les crimes contre l’humanité sont une notion juridique aux contours flous, qui s’apprécie en fonction des origines de leurs auteurs.

 

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La Chine mise sur l’Afrique

 

En 2005, Pékin a accordé à l'Afrique presque autant de crédits que la Banque Mondiale

Le président chinois, Hu Jintao, a entamé le 30 janvier dernier sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Au programme de ce périple, la visite de huit pays: le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. Tout au long de ses 12 jours de voyage, le président chinois s‘efforcera de consolider les accords signés en novembre 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Ces accords sont venus confirmer l’intérêt que les Chinois manifestent pour l’Afrique depuis plusieurs années.

L’irruption de la Chine dans les affaires du continent est un événement majeur du début de ce siècle. Il s’agit d’un bouleversement des rapports de force mis en place au moment des indépendances. Longtemps, l’Afrique a été en relation avec deux partenaires, l’Europe et les Etats-Unis. Désormais, ces deux puissances se voient contestées par la Chine. L’intérêt de la Chine pour l’Afrique est d’abord économique.

Les échanges entre le continent et le pays le plus peuplé de la planète ont été multipliés par 50 entre 1980 et 2005. Ils atteignent désormais environ 40 milliards de dollars. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du continent, derrière la France et les Etats-Unis. Ce mouvement s’est accéléré au cours des dernières années. D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40% en 2006.

Les matières premières dont le continent regorge intéressent la Chine. Deux produits attirent tout particulièrement Pékin: le pétrole et le coton. A elles deux, ces productions représentent, selon des chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement), 68 % des importations chinoises d’Afrique. Le pétrole est la priorité des Chinois. Entre 1998 et 2005, les importations chinoises de brut africain sont passées de 100.000 à 900.000 barils /jour.

Les compagnies chinoises exploitent et surtout prospectent dans des pays qui n’ont pas encore officiellement découvert de pétrole comme le Niger ou le Mali. Les opérateurs chinois viennent aussi concurrencer Américains et européens dans certains de leurs fiefs comme l’Angola, le Congo ou le Gabon. L’intérêt chinois pour le pétrole africain est dicté par le seul besoin. Avec son taux de croissance à deux chiffres, la machine économique chinoise tourne à plein régime et recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’augmentation des achats de coton africain répond à cet appétit de matières premières mais aussi à un choix géopolitique. La Chine entend en effet devenir moins dépendante du coton américain. Entre 40% et 60% de son industrie textile tourne avec des fibres cultivées aux Etats-Unis. En une décennie le coton d’Afrique de l’ouest est passé de 2,2% des importations chinoises à plus de 15%. D’importants producteurs de coton comme le Burkina Faso ou le Bénin vendent plus de 50 % de leur récolte de coton à la Chine.

En Afrique, la Chine achète et prête. Son Plan Afrique décidé pendant la conférence de Pékin prévoit deux milliards de dollars de crédit à taux préférentiel. Cette somme s’inscrit dans un package total de cinq milliards de dollars promis par les dirigeants chinois. Pékin voudrait construire une zone de coopération économique et commerciale et doubler son aide publique au développement pour les trois prochaines années.

Selon des chiffres compilés par le Financial Times, les prêts chinois à l’Afrique sont désormais quasi égaux à ceux accordés au continent par la Banque Mondiale. Ce choix marque une différence claire avec les pratiques des pays occidentaux, qui conditionnent fréquemment leur aide à la bonne gouvernance et au mieux disant démocratique. Cette absence d’intérêt politique pour le continent constitue un retournement de situation, les premiers contacts entre l’Afrique indépendante et la Chine se sont faits sur le terrain politique.

La chine communiste a d’abord soutenu le processus de décolonisation, puis tenté de trouver un soutien diplomatique en Afrique dans sa rivalité avec Taiwan.

Source : bbc.com

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