Ennemi invisible

Publié le par melvin

Aujourd’hui c’est le 1er décembre, journée mondiale consacrée à la lutte contre l’ennemi invisible qu’est le sida. Depuis l’identification du Vih /sida au début de la décennie 80, la pandémie a fait plus de 20 millions de victimes dans le monde, dont 2,9 millions en 2006. Le programme Onusida des Nations Unies sur le Vih / sida estime le nombre total de personnes vivant avec le virus à près de 40 millions. Et, le sida continue ses ravages au rythme de 4,3 millions de nouvelles contaminations annuelles, dont plus de 530 000 enfants.

 

 

 

Comme de bien entendu, le continent noir demeure la partie du monde la plus touchée. En Afrique au Sud du Sahara où 2,8 millions de personnes ont encore été contaminées cette année, 4 nouvelles personnes meurent de sida chaque minute qui passe.

 

 

 

Ces statistiques froides, aussi effrayantes soient-elles, ne rendent pas suffisamment compte des drames humains vécus au quotidien dans les familles. Ces enfants en très bas âge qui deviennent subitement orphelins et sans guide dans ce monde si difficile. Cette progéniture longtemps espérée mais trop tôt enterrée parce que contaminée à la naissance par une mère qui ne se savait pas atteinte. Ou encore, cet être cher ou aimé, que l’on accompagne douloureusement dans sa double mort sociale et biologique.

 

 

 

En famille, au bureau ou dans le voisinage,  chacun de nous a déjà dû rencontrer au moins une fois une personne atteinte de sida. J’incline donc à penser qu’il n’y a plus d’homme assez inconscient pour continuer à voir dans le Vih, un syndrome inventé pour décourager les amoureux. Le sida existe et il faut lutter contre. En attendant la découverte espérée d’un vaccin, la prévention reste la seule arme dont dispose l’humanité contre le Vih.

 

 

 

La prévention, mais pas nécessairement l’abstinence qui est un vœu pieux, une belle utopie. La prévention, par la systématisation des rapports protégés, sauf peut-être avec des partenaires jugés fiables, notamment après des tests de dépistage. Chacun devrait s’imposer le courage de se faire dépister, pour connaître son état. Le sida, il est vital de savoir si on l’a ou si on ne l’a pas. Quand on sait qu’on l'a, on peut éviter de contaminer les autres et préserver des vies. En plus, quand on sait assez tôt qu’on l’a, on peut suivre un traitement adéquat, pour vivre le plus longtemps possible, parce qu’on peut rester séropositif de 20 à 30 ans.

 

 

 

Il n’y a pas longtemps, j’étais en consultation à l’hôpital Laquintinie chez un médecin qui impose systématiquement le dépistage à ses patients parce qu’il ne souhaite écarter aucune hypothèse dans son diagnostic, même pour la maladie la plus bénigne en apparence. Seulement, la plupart des patients ne reviennent pas prendre connaissance des résultats de leurs tests de dépistage. Les enveloppes abandonnées forment une montagne sur la table du docteur. Les tests négatifs sont soulignés au marqueur vert et les tests positifs, ceux des personnes contaminées sont soulignés au marqueur rouge. Les rouges dominent largement les verts. Et, parmi ces rouges, véritables bombes ambulantes libres de toute tentation dans la nature, il y a peut-être votre partenaire d’un jour ou de toujours. Raison de plus pour se sentir concerné.

 

 

 

Publié dans Libres propos

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