Pourquoi pas lui?

Publié le par melvin

Plus qu’une poignée de jours et on saura qui sera le 51e Ballon d’Or France Football, et donc, pratiquement le meilleur footballeur du monde. Celui-là aura en tout cas été choisi parmi les footballeurs évoluant en Europe, par un jury international composé de 52 journalistes sportifs européens, à raison d’un journaliste par pays affilié à l’Union européenne de football (Uefa). Les règles du jeu sont simples. Au vu des articles 5, 6 et 7 du règlement établi par le journal France Football, organisateur du prix, « Chaque juré désigne les noms de cinq joueurs par ordre décroissant de mérite (…)  Ces noms sont puisés dans une liste de 50 joueurs préalablement établie par la rédaction parisienne de France Football. Les cinq joueurs cités se voient respectivement attribuer 5, 4, 3, 2 et 1 points. Le trophée du Ballon d’Or France Football est attribué au joueur totalisant le plus grand nombre de points. »

 

A 13 jours de l’annonce officielle du Ballon d’Or le 27 novembre, les jeux sont pratiquement  faits. Les 52 journalistes européens doivent avoir déjà voté. Il ne reste plus qu’à la rédaction de France Football de dépouiller les votes, délibérer et réaliser la traditionnelle interview avec l’heureux élu. Au Cameroun, on attend de savoir si Samuel Eto’o sera celui là. Depuis maintenant quatre ans, le buteur des Lions indomptables est abonné au classement du Ballon d’Or où il est en progression constante. Cette année, il fait office de favori. Le monde du foot lui reconnaît l’étoffe du Ballon d’Or. Même le Français Thierry Henry, un des sérieux prétendants au titre 2006, concède que « si Eto’o avait été Brésilien, il y a longtemps qu’il aurait été élu Ballon d’Or ».

 

Avec sa belle saison 2006, Samuel Eto’o peut devenir le premier Africain à être sacré, après le Libérien George Weah en 1995, mais surtout, le premier footballeur après l’Anglais Kevin Keegan en 1978, à devenir Ballon d’Or en année de Coupe du monde, sans avoir participé au Mondial. Pour la deuxième année consécutive, il a été sacré champion d’Espagne avec le Barça, qu’il a aidé à remporter sa première Champions League depuis 1992. Malgré une absence de près d’un mois pour cause de Coupe d’Afrique où il a été fait soulier d’or, Samuel Eto’o a terminé en tête des buteurs du championnat d’Espagne, rééditant sa performance de 2005. Les journalistes européens ont fait de lui le meilleur joueur de la finale de la Champion ’s League 2006. Il a été une fois de plus désigné cette année comme le meilleur attaquant d’Europe et figure encore dans l’équipe type de la Fifpro , formée par plus de 30 000 footballeurs professionnels de par le monde.

 

L’élimination du Cameroun de la Coupe du monde 2006 ne semble pas l’avoir défavorisé, dans la mesure où le Mondial allemand n’a finalement mis en valeur aucun des prétendants sérieux au Ballon d’Or. Tout comme son absence des terrains depuis un mois, pour cause de blessure, a achevé de révéler son importance dans le jeu barcelonais, au point d’en faire LE joueur essentiel du Barça. Depuis son absence, Eto’o n’a jamais été autant présent dans les médias sportifs européens. Il n’y a plus de match du Barça où les commentateurs ne regrettent de ne pas le voir sur la pelouse. L’engouement des télévisions et des quotidiens sportifs européens à décrocher un entretien avec lui, est tel que le pichichi a dû se réfugier à Majorque, à l’abri des caméras, pour entreprendre sa rééducation. Etre devenu le chouchou de ces journalistes qui votent ne peut être qu’un bon signe : Eto’o a gagné des points là où hier, on lui crachait dessus. 

 

Qu’est – ce - qui, dès lors, pourrait objectivement empêcher le Camerounais de devenir le 51e Ballon d’Or ? Certains évoquent sa blessure. On a pu par exemple entendre Didier Drogba et Nicolas Anelka déclarer qu’ils voteraient volontiers Eto’o …s’il n’était pas blessé. Mais, en quoi sa blessure serait-elle un obstacle à son sacre ? Le Ballon d’Or se joue sur toute l’année civile : 12 mois, de janvier à décembre. Eto’o est blessé pour 5 mois, c’est vrai. Mais, pour l’année 2006 qui juge le 51e Ballon d’Or, il n’aura été blessé que 1 mois et demi. Ce qui signifie aussi qu’il a brillé pendant 10 mois et demi. Pour cette année 2006, d’autres sérieux prétendants, Thierry Henry et l’Italien Buffon notamment, ont souvent été à l’arrêt pour cause de blessures. Ils n’en sont pas moins des favoris et personne ne leur reproche ces absences.

 

Le cas de Buffon est beaucoup plus curieux. L’Italien, grand admirateur de Thomas Nkono qui lui donna envie de devenir gardien de buts, est certainement un grand gardien. Il a été champion d’Italie avec la Juve et champion du monde avec l’Italie. Mais, personne ne se souvient qu’il ait été décisif pour l’un ou l’autre titre. Mais encore, il joue désormais en deuxième division. Ce qui est pour le moins un sérieux handicap : il ne joue pas la Champion ’s League qui est déterminante en Europe et personne ne voit ses matches de championnat. Autant dire que Buffon, au-delà de sa blessure en début d’année est absent du jeu depuis la fin de la Coupe du monde. Au moins depuis quatre mois. Donc, beaucoup plus longtemps qu’Eto’o. Dès lors, au nom de quelle logique ferait-on de lui, comme Michel Platini et Didier Deschamps le souhaitent,  le premier gardien de buts sacré depuis Yachine en 1963 et, surtout le premier joueur à être élu alors qu’il évolue en deuxième division ?

 

On verra bien si le Ballon d’Or France Football a des logiques que la logique du football ignore.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans chez les lions

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