Le gagnant, l'absent et le perdu

Publié le par melvin

Laquelle des deux est la meilleure : Barça ou Chelsea ? Chelsea – Barça ou Barça – Chelsea, c’est devenu un classique d’Europe. A chaque édition de la Champion ’s League, on y a désormais droit. En l’espace de deux ans, depuis 2004, les deux équipes les plus en vue d’Europe se sont affronté à cinq reprises, pour un parfait équilibre : deux victoires, deux défaites et un nul chacune. Et, en attendant leur sixième confrontation dans deux semaines qui pourrait les départager au Nou Camp, léger avantage psychologique à Chelsea qui a filé 8 buts au Barça et n’en a encaissé que 7. Mais aussi, les Blues comptent  dans leurs  rangs 9 nominés au Ballon d’or France football  cette année, contre 8 aux Blaugrana.

 

 

 

José Mourinho aime à le dire, à onze contre onze, jamais le Barça ne pourra battre Chelsea. La confrontation d’hier à Stamford Bridge lui a encore donné raison. Dans un match engagé, mais globalement correct, sans incident majeur pouvant entraîner une expulsion, le capitaine John Terry et ses coéquipiers ont littéralement marché sur de bien pâles Blaugrana. Et, le score de 1 – 0 sanctionnant la partie, ne reflète finalement pas la physionomie de cette rencontre qui aura révélé un grand Didier Drogba. De loin, le meilleur des 22 acteurs.

 

 

 

C’est connu, je ne parle pas le Drogba couramment. En dépit de la vague médiatique française qui le porte vers les sommets du football mondial, je trouve l’attaquant ivoirien un peu bourrin et laborieux, avec une technique de rugbyman. Mais hier, Didier Drogba a fait un excellent match, avec ce but somptueux où il reçoit le ballon, se joue de Puyol qui n’est tout de même pas le premier venu, se retourne et frappe instantanément, plaçant le cuir hors de portée du pauvre Victor Valdès. Tout ceci, en deux secondes. Du grand art. En plus, il aura été partout, en défense, au milieu, pour prêter pied fort à ses coéquipiers. Quelle abnégation !

 

 

 

Incontestablement, Didier Drogba qui a finalement rendu Sheva anonyme à Chelsea, est le joueur en forme du moment. Auteur d’un hat - trick à Sofia lors de la précédente journée, avec son but face au Barça, il prend la tête du classement des buteurs de la Champion ’s League.  Il compte désormais 4 réalisations en C1, auxquelles il faut ajouter les 5 buts déjà inscrits en championnat anglais en 8 matches. L’Ivoirien a retrouvé son rythme marseillais. De quoi en faire le prétendant le plus sérieux au titre de Ballon d’or africain 2006, si d’aventure cette distinction devait encore être décernée à un professionnel évoluant hors d’Afrique.

 

 

 

On en est à regretter qu’il ne fut pas là, Samuel Eto’o, pour porter la réplique et perpétuer la rivalité. Mais, plus qu’à nous, c’est au Barça et particulièrement à Ronaldinho que Samuel Eto’o aura manqué. Y avait-il un attaquant barcelonais hier, pour décrocher, créer des espaces pour les arabesques de Ronaldinho, faire des appels dans le sens du but ; en un mot, inquiéter la défense de Chelsea et l’empêcher d’aller participer au jeu offensif des Blues ? Qui : Gudjonhsen ? Inexistant. Gully ? Toujours prompt à confondre vitesse et précipitation. Messi ? Trop perso pour apporter un plus au collectif. Finalement, la pâle copie de Stamford Bridge élève Samuel Eto’o au rang de joueur essentiel du Fc Barcelone. En tout cas, si on en doutait encore.

 

 

 

Ronaldinho a dû se rendre compte que pour faire une passe décisive, il faut bien que quelqu’un sache en faire l’appel, réussisse à la recevoir et la concrétiser en but. Privé de son Camerounais, et déboussolé, le Brésilien rodait à Stamford Bridge tel une âme en peine ;  perdu, dépassé, brouillon et inutile. Comme le disait un journaliste anglais hier, sans Samuel Eto’o, Ronaldhino est juste un bon joueur et pas du tout un joueur d’exception. Le problème c’est que, l’attaquant camerounais est indisponible pour encore quatre mois. Il va beaucoup manquer au Barça qui devra apprendre à jouer sans lui et cravacher dur pour ne pas être éliminé de la Champion ’s League, dès le premier tour. Un seul être vous manque…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans chez les lions

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