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Un voyage qui dure 25 ans!

Une Malaise de 76 ans vivant dans le sud de la Thaïlande qui s’était trompée de bus il y a vingt-cinq ans et avait échoué à l’autre bout du pays a finalement retrouvé sa famille. Parlant uniquement le malais et incapable de parler, de lire ou d’écrire le thaï, Jaeyaena Beuraheng était montée dans un bus en Malaisie en pensant qu’il se dirigeait vers Narathiwat, une des trois provinces à majorité musulmane de la Thaïlande.

En fait, son voyage s’est terminé à 1.200 km au nord de Bangkok. Sa situation a empiré quand elle a pris un autre bus qu’elle croyait aller vers le Sud et échoué à Chiang Mai, encore 300 km plus au nord, rapporte mardi le journal Nation.

Elle a mendié pendant cinq ans avant d’être arrêtée en 1987 et placée dans un centre pour sans-abri dans une province avoisinante. Elle a finalement retrouvé ses huit enfants, à qui on avait fait croire qu’elle était passée sous un train, après que trois étudiants de Narathiwat travaillant au centre lui ont parlé.

Le directeur du centre, Jintana Satjang a déclaré à Reuters que c’était «seulement quand les étudiants sont venus et qu’elle leur a parlé que nous avons réalisé qu’elle n’était pas muette».

Les trois provinces thaïlandaises les plus au sud ont été annexées par Bangkok il y a un siècle mais ont gardé leur identité culturelle. Environ 80% de leur population est musulmane et parle le malais.

Source: Liberation.fr

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Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia, aura été le 24 mai, le premier chef d’Etat étranger reçu au Palais de l’Elysée par le nouveau président français Nicolas Sarkozy, qui avait annoncé lors de sa campagne électorale, qu’il  ferait de l’Afrique une des priorités de sa présidence, dans le cadre d’une relation rénovée. Lors de son déplacement au Bénin en mai 2006, Nicolas Sarkozy avait, en effet,  promis de « refonder la politique africaine de la France sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques », de « tourner la page des complaisances, des secrets, des ambiguïtés » et de «cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures». Il avait aussi annoncé que l’aide publique au développement ne serait plus « une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs », la priorité devant revenir à ceux des pays « et pas seulement francophones, qui respectent ces principes ».

Quoi de mieux pour marquer cette rupture d’avec les « réseaux d’un autre temps », que la visite de  Johnson Sirleaf ? Elle vient d’un pays anglophone, n’appartenant pas à l’ancien ‘’pré – carré’’ africain de la France. Un pays pauvre, mais méritant, qui se bat courageusement pour se remettre des ravages d’une longue guerre civile. Elle est aussi surtout le symbole d’un certain renouveau démocratique. C’est la première femme élue chef d’Etat en Afrique, et elle mène une lutte déterminée contre la corruption et pour la bonne gouvernance. Seulement, la visite de la présidente du Liberia est contrastée par celle, 24 heures plus tard, du président gabonais Omar Bongo, doyen des chefs d’Etat africains, depuis 40 ans au pouvoir.  Le symbole vivant de la Françafrique décriée. Le message est clair : la rupture annoncée se fera dans la continuité. La Françafrique est trop précieuse pour la France, et elle ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Simplement,  elle sera remodelée. Sarkozy y mettra de la forme.

L’Afrique reste doublement vitale pour la France. Elle sera encore demain l’un des principaux champs de la compétition politique, stratégique et économique entre les grandes puissances. Elle reste un enjeu pour la stabilité du monde et la lutte contre le terrorisme. Les Américains ne s’y sont pas trompés qui envisagent installer sur le continent un  commandement militaire d’ici à fin 2008. L’Afrique demeure aussi un vaste réservoir de ressources énergétiques, principalement le pétrole aujourd’hui, et l’eau demain. Soit des ressources importantes pour lesquelles la Chine et les Etats-Unis se livrent déjà une sourde guerre froide. Or, la France n’est pas en reste. Elle voudrait même préserver en Afrique une certaine clientèle ;  cet espace d’influence et de solidarité diplomatiques, dont elle se servira encore demain pour avoir une minorité de blocage face aux puissances anglo-saxonnes, dans les rapports de force du commerce international, à  l’OMC notamment.

Economiquement, bien que l’Afrique ne représente que 5% des échanges internationaux de la France, elle n’en est pas moins très rentable. Au-delà des précieuses matières premières que le continent noir  fournit à la France, elle lui garantit  un véritable ‘’cash-flow’’. Plus de 70% des filiales et succursales des entreprises françaises en Afrique sont régulièrement bénéficiaires. Le solde économique des échanges de la France avec le continent noir est toujours positif. En 2005, il était de + 3 milliards d’euros, de loin meilleur que le solde France/Europe par exemple, qui se situait  à – 18 milliards d’euros. De loin plus rentable aussi que les échanges avec les Amériques. Lorsque Paris exporte pour  600 milliards d’euros en Amérique du Nord, elle y dégage près de 50 milliards de bénéfices. En  exportant vers l’Afrique un volume inférieur à 150 milliards d’euros, elle y dégage 40 milliards de bénéfices.

Cette double réalité n’échappe pas au nouvel élu français. Toute l’obsession du successeur de Jacques Chirac est de préserver les intérêts français en Afrique, en veillant à ce que Paris se mouille le moins possible. Une ambition bien américaine : faire les affaires, mais rester discret. La rupture prônée par Nicolas Sarkozy consistera à ouvrir la France à l’Afrique économiquement utile et à sortir du face-à-face schizophrénique avec le pré - carré, dans lequel elle a pris de sérieux coups au Rwanda, au Zaïre et en Côte-d’Ivoire. Paris va donc élargir son champ d’action géographique en nouant des liens plus durables avec des pays anglophones, lusophones et arabophones. Une réorientation politique imposée par la réalité économique. La France est désormais un partenaire commercial important des pays africains non francophones qui représentent plus de 50% de ses échanges avec l’Afrique. Ses quatre principaux partenaires économiques et commerciaux subsahariens sont le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Angola et le Kenya. Loin devant la Côte-d’Ivoire, premier pays francophone du rang.

Dans le pré - carré, politiquement encombrant, le nouveau locataire du Palais de l’Elysée choisira la discrétion. Il entend limiter au strict minimum la présence militaire française en Afrique. Comme déjà annoncé par son prédécesseur au sommet France – Afrique de Bamako, au moins deux des cinq bases militaires françaises en Afrique devront bientôt fermer. Celles d’Abidjan et de Ndjamena notamment. Survivront peut-être celles de Dakar, de Libreville et de Djibouti. Mais, elles seront appelées à travailler en liaison avec les soldats de l’Union Africaine, ou sous mandat de l’ONU. Mais là n’est que la vision de la France. Qu’en pense l’Afrique ?

Publié dans : France
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La Chine mise sur l’Afrique

 

En 2005, Pékin a accordé à l'Afrique presque autant de crédits que la Banque Mondiale

Le président chinois, Hu Jintao, a entamé le 30 janvier dernier sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Au programme de ce périple, la visite de huit pays: le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. Tout au long de ses 12 jours de voyage, le président chinois s‘efforcera de consolider les accords signés en novembre 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Ces accords sont venus confirmer l’intérêt que les Chinois manifestent pour l’Afrique depuis plusieurs années.

L’irruption de la Chine dans les affaires du continent est un événement majeur du début de ce siècle. Il s’agit d’un bouleversement des rapports de force mis en place au moment des indépendances. Longtemps, l’Afrique a été en relation avec deux partenaires, l’Europe et les Etats-Unis. Désormais, ces deux puissances se voient contestées par la Chine. L’intérêt de la Chine pour l’Afrique est d’abord économique.

Les échanges entre le continent et le pays le plus peuplé de la planète ont été multipliés par 50 entre 1980 et 2005. Ils atteignent désormais environ 40 milliards de dollars. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du continent, derrière la France et les Etats-Unis. Ce mouvement s’est accéléré au cours des dernières années. D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40% en 2006.

Les matières premières dont le continent regorge intéressent la Chine. Deux produits attirent tout particulièrement Pékin: le pétrole et le coton. A elles deux, ces productions représentent, selon des chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement), 68 % des importations chinoises d’Afrique. Le pétrole est la priorité des Chinois. Entre 1998 et 2005, les importations chinoises de brut africain sont passées de 100.000 à 900.000 barils /jour.

Les compagnies chinoises exploitent et surtout prospectent dans des pays qui n’ont pas encore officiellement découvert de pétrole comme le Niger ou le Mali. Les opérateurs chinois viennent aussi concurrencer Américains et européens dans certains de leurs fiefs comme l’Angola, le Congo ou le Gabon. L’intérêt chinois pour le pétrole africain est dicté par le seul besoin. Avec son taux de croissance à deux chiffres, la machine économique chinoise tourne à plein régime et recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’augmentation des achats de coton africain répond à cet appétit de matières premières mais aussi à un choix géopolitique. La Chine entend en effet devenir moins dépendante du coton américain. Entre 40% et 60% de son industrie textile tourne avec des fibres cultivées aux Etats-Unis. En une décennie le coton d’Afrique de l’ouest est passé de 2,2% des importations chinoises à plus de 15%. D’importants producteurs de coton comme le Burkina Faso ou le Bénin vendent plus de 50 % de leur récolte de coton à la Chine.

En Afrique, la Chine achète et prête. Son Plan Afrique décidé pendant la conférence de Pékin prévoit deux milliards de dollars de crédit à taux préférentiel. Cette somme s’inscrit dans un package total de cinq milliards de dollars promis par les dirigeants chinois. Pékin voudrait construire une zone de coopération économique et commerciale et doubler son aide publique au développement pour les trois prochaines années.

Selon des chiffres compilés par le Financial Times, les prêts chinois à l’Afrique sont désormais quasi égaux à ceux accordés au continent par la Banque Mondiale. Ce choix marque une différence claire avec les pratiques des pays occidentaux, qui conditionnent fréquemment leur aide à la bonne gouvernance et au mieux disant démocratique. Cette absence d’intérêt politique pour le continent constitue un retournement de situation, les premiers contacts entre l’Afrique indépendante et la Chine se sont faits sur le terrain politique.

La chine communiste a d’abord soutenu le processus de décolonisation, puis tenté de trouver un soutien diplomatique en Afrique dans sa rivalité avec Taiwan.

Source : bbc.com

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