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  • Ngayap et André Marie Talla

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Un voyage qui dure 25 ans!

Une Malaise de 76 ans vivant dans le sud de la Thaïlande qui s’était trompée de bus il y a vingt-cinq ans et avait échoué à l’autre bout du pays a finalement retrouvé sa famille. Parlant uniquement le malais et incapable de parler, de lire ou d’écrire le thaï, Jaeyaena Beuraheng était montée dans un bus en Malaisie en pensant qu’il se dirigeait vers Narathiwat, une des trois provinces à majorité musulmane de la Thaïlande.

En fait, son voyage s’est terminé à 1.200 km au nord de Bangkok. Sa situation a empiré quand elle a pris un autre bus qu’elle croyait aller vers le Sud et échoué à Chiang Mai, encore 300 km plus au nord, rapporte mardi le journal Nation.

Elle a mendié pendant cinq ans avant d’être arrêtée en 1987 et placée dans un centre pour sans-abri dans une province avoisinante. Elle a finalement retrouvé ses huit enfants, à qui on avait fait croire qu’elle était passée sous un train, après que trois étudiants de Narathiwat travaillant au centre lui ont parlé.

Le directeur du centre, Jintana Satjang a déclaré à Reuters que c’était «seulement quand les étudiants sont venus et qu’elle leur a parlé que nous avons réalisé qu’elle n’était pas muette».

Les trois provinces thaïlandaises les plus au sud ont été annexées par Bangkok il y a un siècle mais ont gardé leur identité culturelle. Environ 80% de leur population est musulmane et parle le malais.

Source: Liberation.fr

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Chirac s’en va donc. Le 5e président de la Cinquième République ne sera pas le premier président de la Sixième  République qui se prépare en France. Peut-être même sera-t-il le tout dernier président de la Cinquième qu’il aura traversée de bout en bout, ministre ou Premier ministre de chacun des présidents de la Cinquième République, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, avant d’occuper lui-même le château de l’Elysée. Dans « La tragédie du président », un des nombreux livres qui accompagnent le crépuscule de l’ancien maire de Paris, le journaliste Franz-Olivier Giesbert explique que Jacques Chirac « restera un cas dans l’histoire de la France. Une incongruité et un record de longévité » : Deux fois Premier ministre (1974-1976 et 1986 – 1988), il aura gouverné la France  pendant quatre ans avant d’être appelé à la présider pour douze.

De ces seize années de pouvoir, l’histoire retiendra peut-être son opposition remarquable et déterminée à la guerre américaine en Irak. Mais, il n’est pas sûr que les Français gardent de son ère, un souvenir impérissable, tant Jacques Chirac aura symbolisé à la fois le déclin français et l’impuissance des pouvoirs publics. Certains, comme son ennemi intime, Jean – Marie Le Pen, trouvent même qu’il aura été « le plus mauvais président de l’histoire de la France ». Il faut reconnaître qu’avant lui, il y eut plus grand, plus méthodique, plus brillant et plus habile : De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand. Incontestablement, De Gaulle et Mitterrand furent les plus grands. De Gaulle osa partir de l’histoire pour entrer en politique. Mitterrand avait su rester en politique pour entrer dans l’histoire. Peut-on imaginer une comparaison entre Chirac et De Gaulle ? Peut-on même oser le comparer à son prédécesseur ? Dans « L’homme qui ne s’aimait pas », le journaliste Eric Zemmour écrit que Mitterrand avait un rapport au temps quand Chirac n’avait qu’un emploi de temps : courir après une ambition personnelle, être président. Cette sorte de fin en soi.

Dans sa relation avec le pouvoir politique, Jacques Chirac avait une démarche, une attitude de président africain. Il avait la même ivresse du pouvoir. Depuis son entrée au gouvernement en 1967, il n’a plus quitté les lambris des palais officiels. Il a survécu à toutes les guerres de succession et enjambé toutes les alternances. Une belle incongruité en Occident. Et pour durer autant, le bourreau de Chaban-Delmas et Giscard a beaucoup menti, trompé, trahi et ‘’tué’’. Sa dissolution de l’Assemblée nationale en 1997 ; se servir de la constitution pour des convenances personnelles, avait aussi quelque chose d’africain. Parfum d’Afrique également, ces scandales et ces affaires de corruption où l’on lui reproche de n’avoir pas su faire la différence entre les caisses publiques et les fonds privés. Et pour couronner le tout, Jacques Chirac vivra sa retraite avec la même angoisse qu’un ancien chef d’Etat africain. La peur d’avoir à répondre de sa gestion devant un juge et d’être jeté en prison. Peut-être même, s’exilera-t-il sous les tropiques pour échapper à pareille humiliation.

On peut comprendre pourquoi Jacques Chirac affectionna tant les sommets France – Afrique. Des fois qu’il aurait aimé être Biya, Sassou ou Bongo.

Publié dans : France
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La Chine mise sur l’Afrique

 

En 2005, Pékin a accordé à l'Afrique presque autant de crédits que la Banque Mondiale

Le président chinois, Hu Jintao, a entamé le 30 janvier dernier sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Au programme de ce périple, la visite de huit pays: le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. Tout au long de ses 12 jours de voyage, le président chinois s‘efforcera de consolider les accords signés en novembre 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Ces accords sont venus confirmer l’intérêt que les Chinois manifestent pour l’Afrique depuis plusieurs années.

L’irruption de la Chine dans les affaires du continent est un événement majeur du début de ce siècle. Il s’agit d’un bouleversement des rapports de force mis en place au moment des indépendances. Longtemps, l’Afrique a été en relation avec deux partenaires, l’Europe et les Etats-Unis. Désormais, ces deux puissances se voient contestées par la Chine. L’intérêt de la Chine pour l’Afrique est d’abord économique.

Les échanges entre le continent et le pays le plus peuplé de la planète ont été multipliés par 50 entre 1980 et 2005. Ils atteignent désormais environ 40 milliards de dollars. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du continent, derrière la France et les Etats-Unis. Ce mouvement s’est accéléré au cours des dernières années. D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40% en 2006.

Les matières premières dont le continent regorge intéressent la Chine. Deux produits attirent tout particulièrement Pékin: le pétrole et le coton. A elles deux, ces productions représentent, selon des chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement), 68 % des importations chinoises d’Afrique. Le pétrole est la priorité des Chinois. Entre 1998 et 2005, les importations chinoises de brut africain sont passées de 100.000 à 900.000 barils /jour.

Les compagnies chinoises exploitent et surtout prospectent dans des pays qui n’ont pas encore officiellement découvert de pétrole comme le Niger ou le Mali. Les opérateurs chinois viennent aussi concurrencer Américains et européens dans certains de leurs fiefs comme l’Angola, le Congo ou le Gabon. L’intérêt chinois pour le pétrole africain est dicté par le seul besoin. Avec son taux de croissance à deux chiffres, la machine économique chinoise tourne à plein régime et recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’augmentation des achats de coton africain répond à cet appétit de matières premières mais aussi à un choix géopolitique. La Chine entend en effet devenir moins dépendante du coton américain. Entre 40% et 60% de son industrie textile tourne avec des fibres cultivées aux Etats-Unis. En une décennie le coton d’Afrique de l’ouest est passé de 2,2% des importations chinoises à plus de 15%. D’importants producteurs de coton comme le Burkina Faso ou le Bénin vendent plus de 50 % de leur récolte de coton à la Chine.

En Afrique, la Chine achète et prête. Son Plan Afrique décidé pendant la conférence de Pékin prévoit deux milliards de dollars de crédit à taux préférentiel. Cette somme s’inscrit dans un package total de cinq milliards de dollars promis par les dirigeants chinois. Pékin voudrait construire une zone de coopération économique et commerciale et doubler son aide publique au développement pour les trois prochaines années.

Selon des chiffres compilés par le Financial Times, les prêts chinois à l’Afrique sont désormais quasi égaux à ceux accordés au continent par la Banque Mondiale. Ce choix marque une différence claire avec les pratiques des pays occidentaux, qui conditionnent fréquemment leur aide à la bonne gouvernance et au mieux disant démocratique. Cette absence d’intérêt politique pour le continent constitue un retournement de situation, les premiers contacts entre l’Afrique indépendante et la Chine se sont faits sur le terrain politique.

La chine communiste a d’abord soutenu le processus de décolonisation, puis tenté de trouver un soutien diplomatique en Afrique dans sa rivalité avec Taiwan.

Source : bbc.com

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