Femmes actuelles

Publié le par melvin

 

                                                             giselemandaila.jpg

J’achève de lire ‘’La Troisième Femme’’ du philosophe français Gilles Lipovetsky. Bel essai qui présente la femme telle qu’on ne l’a sans doute pas vue le 8 mars. Le philosophe, expert de la postmodernité, soutient que la révolution a bien eu lieu et que la libération de la femme est aujourd’hui une réalité. L’humanité, dit-il,  est passée  de la première à la deuxième femme et de la deuxième à la troisième femme.

La première femme c’est celle des origines, désignée comme la moitié dangereuse de l’humanité. Qu’il s’agisse de Eve dans la tradition judéo-chrétienne ou de Pandora chez les Grecs, cette femme-là représente l’espèce maudite. Elle est l’agent du malheur, et les hommes, parce qu’ils y sont bien obligés, composent avec ce « mal nécessaire ». Puis, vint la deuxième femme, au second Moyen Age ; celle pour laquelle Goethe affirmait que « le féminin nous entraîne vers le haut ». La diablesse des origines est devenue ange. La deuxième femme est célébrée pour sa beauté et ses atouts de mère et d’éducatrice. Mais l’homme lui nie toujours son autonomie et elle demeure une femme – objet, voire une femme – alibi.

La troisième femme n’est plus la créature de l’homme. C’est la femme d’aujourd’hui : votre sœur, cadre de société, votre collègue ingénieur, ou tout simplement, votre patronne. Elle naît dans la seconde moitié du 20e siècle, avec l’apparition de la pilule, l’émancipation des mœurs, la légalisation de l’avortement dans certains pays et la libéralisation sexuelle. La troisième femme n’est plus l’esclave de la fécondité. Elle va à l’école, et même à l’université. Elle travaille. Elle a des revenus autonomes. Elle s’invente elle-même. Plus rien ne lui est  prédéterminé, ni imposé. Elle choisit de se marier ou pas, faire ou non des enfants, embrasser telle profession plutôt que telle autre. Sa vie est entrée dans la logique d’arbitrage individuel, ce que Gilles Lipovetsky appelle « le gouvernement de soi-même ».

Mais, bien que la femme soit entrée dans la même logique de construction et d’auto - invention identitaire que l’homme, elle n’est toujours pas jugée à égalité de droits et de devoirs que l’homme. Les droits d’abord. A responsabilités égales dans une entreprise, une femme aura toujours un salaire 5 à 20% moins important que celui de l’homme. Et lors de la promotion, on aura toujours tendance à lui préférer l’homme. Les devoirs ensuite. La femme d’aujourd’hui doit jouer des rôles multiples. Elle est à la fois la travailleuse, l’épouse (ou l’amante), la mère, l’éducatrice, et la ménagère. La vie domestique absorbe chaque semaine 35 heures de la vie d’une femme active et seulement 20 heures de la vie d’un homme, bricolage compris. Le quotidien d’une femme active, c’est trois journées de travail en une : une première journée au bureau, une deuxième journée dans la cuisine et une troisième journée dans la chambre conjugale.

Beaucoup de choses ont donc été faites, de la première à la troisième femme, mais, tant d’inégalités et d’absurdités restent encore à effacer.

Publié dans Libres propos

Commenter cet article

wagna 27/03/2007 20:39

bonjour ,
  je suis  surprise par votre blog je vous encourage dans cette vision . 
  cest surtout les bloc femme actuelle qui m a plu car trés peu d' hommes en afrique croient au potentiel des femmes et parfois elles - mêmes ne croitent pas en leur potentiel et capacité à s'auto gérer  ou à gérer le peuple . je pense qu'on devrait  les amener a donner le meilleur d'elles cela ne peut etre possible qu' avec l'aide des hommes , péres, fréres , amis , fils, amants , epoux et familles
   thao car je n ai pas assez de temps si non a la prochaine.