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Un voyage qui dure 25 ans!

Une Malaise de 76 ans vivant dans le sud de la Thaïlande qui s’était trompée de bus il y a vingt-cinq ans et avait échoué à l’autre bout du pays a finalement retrouvé sa famille. Parlant uniquement le malais et incapable de parler, de lire ou d’écrire le thaï, Jaeyaena Beuraheng était montée dans un bus en Malaisie en pensant qu’il se dirigeait vers Narathiwat, une des trois provinces à majorité musulmane de la Thaïlande.

En fait, son voyage s’est terminé à 1.200 km au nord de Bangkok. Sa situation a empiré quand elle a pris un autre bus qu’elle croyait aller vers le Sud et échoué à Chiang Mai, encore 300 km plus au nord, rapporte mardi le journal Nation.

Elle a mendié pendant cinq ans avant d’être arrêtée en 1987 et placée dans un centre pour sans-abri dans une province avoisinante. Elle a finalement retrouvé ses huit enfants, à qui on avait fait croire qu’elle était passée sous un train, après que trois étudiants de Narathiwat travaillant au centre lui ont parlé.

Le directeur du centre, Jintana Satjang a déclaré à Reuters que c’était «seulement quand les étudiants sont venus et qu’elle leur a parlé que nous avons réalisé qu’elle n’était pas muette».

Les trois provinces thaïlandaises les plus au sud ont été annexées par Bangkok il y a un siècle mais ont gardé leur identité culturelle. Environ 80% de leur population est musulmane et parle le malais.

Source: Liberation.fr

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J’achève de lire ‘’La Troisième Femme’’ du philosophe français Gilles Lipovetsky. Bel essai qui présente la femme telle qu’on ne l’a sans doute pas vue le 8 mars. Le philosophe, expert de la postmodernité, soutient que la révolution a bien eu lieu et que la libération de la femme est aujourd’hui une réalité. L’humanité, dit-il,  est passée  de la première à la deuxième femme et de la deuxième à la troisième femme.

La première femme c’est celle des origines, désignée comme la moitié dangereuse de l’humanité. Qu’il s’agisse de Eve dans la tradition judéo-chrétienne ou de Pandora chez les Grecs, cette femme-là représente l’espèce maudite. Elle est l’agent du malheur, et les hommes, parce qu’ils y sont bien obligés, composent avec ce « mal nécessaire ». Puis, vint la deuxième femme, au second Moyen Age ; celle pour laquelle Goethe affirmait que « le féminin nous entraîne vers le haut ». La diablesse des origines est devenue ange. La deuxième femme est célébrée pour sa beauté et ses atouts de mère et d’éducatrice. Mais l’homme lui nie toujours son autonomie et elle demeure une femme – objet, voire une femme – alibi.

La troisième femme n’est plus la créature de l’homme. C’est la femme d’aujourd’hui : votre sœur, cadre de société, votre collègue ingénieur, ou tout simplement, votre patronne. Elle naît dans la seconde moitié du 20e siècle, avec l’apparition de la pilule, l’émancipation des mœurs, la légalisation de l’avortement dans certains pays et la libéralisation sexuelle. La troisième femme n’est plus l’esclave de la fécondité. Elle va à l’école, et même à l’université. Elle travaille. Elle a des revenus autonomes. Elle s’invente elle-même. Plus rien ne lui est  prédéterminé, ni imposé. Elle choisit de se marier ou pas, faire ou non des enfants, embrasser telle profession plutôt que telle autre. Sa vie est entrée dans la logique d’arbitrage individuel, ce que Gilles Lipovetsky appelle « le gouvernement de soi-même ».

Mais, bien que la femme soit entrée dans la même logique de construction et d’auto - invention identitaire que l’homme, elle n’est toujours pas jugée à égalité de droits et de devoirs que l’homme. Les droits d’abord. A responsabilités égales dans une entreprise, une femme aura toujours un salaire 5 à 20% moins important que celui de l’homme. Et lors de la promotion, on aura toujours tendance à lui préférer l’homme. Les devoirs ensuite. La femme d’aujourd’hui doit jouer des rôles multiples. Elle est à la fois la travailleuse, l’épouse (ou l’amante), la mère, l’éducatrice, et la ménagère. La vie domestique absorbe chaque semaine 35 heures de la vie d’une femme active et seulement 20 heures de la vie d’un homme, bricolage compris. Le quotidien d’une femme active, c’est trois journées de travail en une : une première journée au bureau, une deuxième journée dans la cuisine et une troisième journée dans la chambre conjugale.

Beaucoup de choses ont donc été faites, de la première à la troisième femme, mais, tant d’inégalités et d’absurdités restent encore à effacer.

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La Chine mise sur l’Afrique

 

En 2005, Pékin a accordé à l'Afrique presque autant de crédits que la Banque Mondiale

Le président chinois, Hu Jintao, a entamé le 30 janvier dernier sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Au programme de ce périple, la visite de huit pays: le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. Tout au long de ses 12 jours de voyage, le président chinois s‘efforcera de consolider les accords signés en novembre 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Ces accords sont venus confirmer l’intérêt que les Chinois manifestent pour l’Afrique depuis plusieurs années.

L’irruption de la Chine dans les affaires du continent est un événement majeur du début de ce siècle. Il s’agit d’un bouleversement des rapports de force mis en place au moment des indépendances. Longtemps, l’Afrique a été en relation avec deux partenaires, l’Europe et les Etats-Unis. Désormais, ces deux puissances se voient contestées par la Chine. L’intérêt de la Chine pour l’Afrique est d’abord économique.

Les échanges entre le continent et le pays le plus peuplé de la planète ont été multipliés par 50 entre 1980 et 2005. Ils atteignent désormais environ 40 milliards de dollars. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du continent, derrière la France et les Etats-Unis. Ce mouvement s’est accéléré au cours des dernières années. D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40% en 2006.

Les matières premières dont le continent regorge intéressent la Chine. Deux produits attirent tout particulièrement Pékin: le pétrole et le coton. A elles deux, ces productions représentent, selon des chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement), 68 % des importations chinoises d’Afrique. Le pétrole est la priorité des Chinois. Entre 1998 et 2005, les importations chinoises de brut africain sont passées de 100.000 à 900.000 barils /jour.

Les compagnies chinoises exploitent et surtout prospectent dans des pays qui n’ont pas encore officiellement découvert de pétrole comme le Niger ou le Mali. Les opérateurs chinois viennent aussi concurrencer Américains et européens dans certains de leurs fiefs comme l’Angola, le Congo ou le Gabon. L’intérêt chinois pour le pétrole africain est dicté par le seul besoin. Avec son taux de croissance à deux chiffres, la machine économique chinoise tourne à plein régime et recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’augmentation des achats de coton africain répond à cet appétit de matières premières mais aussi à un choix géopolitique. La Chine entend en effet devenir moins dépendante du coton américain. Entre 40% et 60% de son industrie textile tourne avec des fibres cultivées aux Etats-Unis. En une décennie le coton d’Afrique de l’ouest est passé de 2,2% des importations chinoises à plus de 15%. D’importants producteurs de coton comme le Burkina Faso ou le Bénin vendent plus de 50 % de leur récolte de coton à la Chine.

En Afrique, la Chine achète et prête. Son Plan Afrique décidé pendant la conférence de Pékin prévoit deux milliards de dollars de crédit à taux préférentiel. Cette somme s’inscrit dans un package total de cinq milliards de dollars promis par les dirigeants chinois. Pékin voudrait construire une zone de coopération économique et commerciale et doubler son aide publique au développement pour les trois prochaines années.

Selon des chiffres compilés par le Financial Times, les prêts chinois à l’Afrique sont désormais quasi égaux à ceux accordés au continent par la Banque Mondiale. Ce choix marque une différence claire avec les pratiques des pays occidentaux, qui conditionnent fréquemment leur aide à la bonne gouvernance et au mieux disant démocratique. Cette absence d’intérêt politique pour le continent constitue un retournement de situation, les premiers contacts entre l’Afrique indépendante et la Chine se sont faits sur le terrain politique.

La chine communiste a d’abord soutenu le processus de décolonisation, puis tenté de trouver un soutien diplomatique en Afrique dans sa rivalité avec Taiwan.

Source : bbc.com

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