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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /2006 00:00

Le Conseil de sécurité de l’Onu se penche à nouveau ce mercredi sur le cas de la Côte-d ’Ivoire. Le texte de la résolution que les 15 membres du Conseil auront à examiner pour adoption, n’est pas du tout celui adopté il y a une semaine par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine à Addis-Abeba. Les propositions de l’Afrique  sont jugées insuffisantes par le président français Jacques Chirac qui s’est octroyé le droit de les corriger. Et, dans une logique onusienne néo-coloniale impensable en plein 21e siècle, c’est la France qui a rédigé la nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur la sortie de crise en Côte-d’Ivoire. Et, le  texte français qui circule déjà à New – York, est un vrai coup d’Etat, qui suspend la constitution ivoirienne, transforme le président Gbagbo en Reine d’Angleterre, le dépouillant de ses pouvoirs, au profit d’un Premier ministre non élu, dont le seul mérite est d’avoir été choisi par Chirac.

 

 

Si finalement le régime Gbagbo ne devait pas bénéficier demain du soutien de ses alliés russes et chinois au Conseil de sécurité, Jacques Chirac pourra enfin avoir la peau de son ennemi africain intime et Rfi va se gargariser de cette ‘’grande victoire’’. La France aime ainsi se mirer dans le regard de l’Afrique, pour se renvoyer d’elle-même l’image d’une belle et grande puissance. Comme le disait Louis Guiringuaud, ministre des Affaires étrangères de Giscard dans les années 70, « l’Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France , à la portée de ses moyens. Le seul où elle peut encore, avec 500 hommes, changer le cours de l’histoire ».

 

 

La Côte-d ’Ivoire est en enjeu majeur de la politique africaine de la France  : influence, richesses et grandeur. En leur accordant l’indépendance, la France a signé le 24 avril 1961, des accords de défense avec le Dahomey (actuel Benin), le Niger et la Côte-d ’Ivoire. Accords à travers lesquels, elle se réserve les matières premières et les produits stratégiques de ces pays (hydrocarbures liquides et gazeux, uranium, thorium, lithium, beryllium, etc). L’article 4 des Accords de défense prévoit par exemple que ces trois pays « facilitent au profit des forces armées françaises, le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l’exigent, ils limitent ou interdisent leur exportation à destination d’autres pays ». Mieux, l’article 5 dispose qu’en ce qui concerne les produits stratégiques, les trois pays « réservent par priorité leur vente à la République française (…) et s’approvisionnent par priorité auprès d’elle ».

 

 

55 ans après, ces fameux Accords de défense restent toujours en vigueur. Les régimes Houphouët, Bédié et Guié ne les ont pas remis en cause. Laurent Gbagbo lui, a voulu mettre fin à cette situation de chasse gardée. Il a ouvert à la concurrence internationale, des pans entiers de l’économie ivoirienne dont les Français pensaient détenir le monopole. Or, la France ne peut tolérer l’existence dans cette zone d’influence, des dirigeants capables de mener une politique autonome. Il y va de sa grandeur, et même de sa survie. Tous les dirigeants de la Ve république française l’ont toujours affirmé : sans son Afrique, la France serait une vieille voiture sans carburant. Le général de Gaulle, le premier, déclarait en 1946 : « unie aux territoires d’outre-mer qu’elle a ouverts à la civilisation, la France est une grande puissance. Sans ces territoires, elle risquerait de ne l’être plus. » Plus tard, François Mitterrand reconnaissait que « sans l’Afrique, il n’y aura pas d’histoire de France au XXIe siècle ». Tandis que le RPR de Jacques Chirac proclamait lors des législatives de 1993 que « faire le deuil de ce continent équivaudrait, pour la France , à se condamner au cloaque des puissances moyennes ».

 

 

Jacques Chirac triomphera peut-être de Laurent Gbagbo, avec l’illusion que la France ne fera pas le deuil de son Afrique. Mais, rien ne sera plus comme avant. La Côte-d ’Ivoire de Laurent Gbagbo aura été une bonne nouvelle pour l’Afrique. Elle a annoncé la deuxième phase de décolonisation du continent. Dieu n’est plus français. Certes, et pendant longtemps encore, sans doute, les Africains continueront à regarder les matches de football sur Canal +, et à parier à Douala et Dakar, sur les courses de chevaux qui se courent à Vincennes. Mais, la France n’aura plus jamais la même influence. D’abord, l’irruption de la Banque mondiale et du Fmi a considérablement réduit son emprise sur le continent ; elle n’est plus l’interlocuteur privilégié des pays africains pour leurs difficultés économiques. Ensuite, la construction de l’Europe va de plus en plus diluer son action africaine au sein de l’Union. Et enfin, lorsque Chirac quittera l’Elysée en mai prochain, il emportera avec lui, les derniers vestiges de la relation paternaliste françafricaine. Son successeur, de gauche ou de droite, sera élu parmi la nouvelle génération de dirigeants français sans grande expérience de l’Afrique et à laquelle les présidents africains ne doivent rien. Lesquels présidents africains seront de moins en moins de la culture et de la dévotion françaises des Bongo, Sassou et consorts.

 

 

Paris est donc plus que jamais condamnée à un aggiornamento de sa politique africaine. Si elle sait lire les signes des temps, elle comprendra qu’il est l’heure de passer de la relation maître – esclave, à la relation de partenariat et de respect mutuel avec l’Afrique. Du moins, si elle ne veut pas être boutée hors de ce continent qui lui donne tant, par les Chinois, les Américains et les puissances régionales émergentes comme l’Afrique du Sud. La France doit maintenant choisir,  partir ou  rester.

 

 

Par melvin - Publié dans : Libres propos
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 00:00

Ce lundi 23 octobre 2006 est férié au Cameroun. C’est la fin du ramadan et les musulmans du pays sont en fête après un long mois de jeûne. Les autres Camerounais qui ne s’intéressent au ramadan que pour savoir quel jour il va s’achever, en profitent pour se reposer. En plus, cette année, le jeûne prenait fin un lundi, donc, long week-end garanti. Un jeune inspecteur des Impôts qui m’honore de son amitié est allé passer le sien quelque part à l’Ouest, me prévenant vendredi qu’il ne serait pas de retour avant lundi soir. Son calcul était simple : le ramadan pourrait s’achever lundi ou mardi et, au moins lundi serait férié. Et, dans le pire des cas, la fête aurait lieu dimanche et la journée de lundi serait ‘’automatiquement pont’’. Je n’ai évidemment pas pu le convaincre du contraire. Il avait un argument imparable : « c’est la loi qui le dit » ! Nombre de Camerounais raisonnent d’ailleurs comme mon ami des Impôts. Ce qui me pousse à penser que : 1- les Camerounais ne sont pas toujours au fait de cette loi sur les fêtes légales dont ils se prévalent si souvent, 2 – ce pays a définitivement été mis en congé et ses habitants guettent la moindre occasion pour ne pas aller ‘’travailler’’.

 

Le régime des fêtes légales est fixé au Cameroun par la Loi n° 73/5 du 7 décembre 1973. Cette loi prévoit deux types de fêtes légales : les fêtes légales civiles et les fêtes légales religieuses. Les fêtes légales civiles sont, de façon limitative : le Jour de l’An (le 1er janvier), la Fête de la Jeunesse (le 11 février), la Fête du Travail (le 1er mai) et la Fête Nationale (le 20 mai). Quant aux fêtes légales religieuses, sont considérées comme telles, les fêtes d’inspiration religieuse suivantes : l’Ascension, le Vendredi Saint, l’Assomption (15 août), la Noël (25 décembre), la Fête de la fin du Ramadan et la Fête du Mouton.

 

C’est clair, tous les jours de fêtes légales sont fériés. Quant aux ‘’ponts’’, il faut distinguer selon qu’il s’agit d’une fête légale civile ou d’une fête légale religieuse. Seules en effet les fêtes légales civiles peuvent donner ‘’automatiquement’’ lieu à pont. Au vu de l’article 2 de la Loi n° 73/5 en effet, « lorsqu’une fête légale civile est célébrée un dimanche ou un jour férié, le jour constitutif est assimilé à cette fête du point de vue des conditions de travail et de rémunération ». Quant aux fêtes légales religieuses, elles ne donnent lieu à pont que si le président de la République le veut. Au vu de l’article 3 de la loi en effet, « lorsqu’une fête légale religieuse est célébrée un dimanche ou un jour férié, le président de la République , peut, par arrêté, déclarer férié non chômé le jour consécutif ».

 

Et encore, il est important de noter que le chômage est obligatoire pour l’ensemble des travailleurs uniquement pour les jours de fêtes légales civiles et il n’est pas obligatoire les jours de fêtes légales religieuses. On peut donc aller travailler le jour de la fête du Ramadan ou de la Noël par exemple. Mais combien de Camerounais sont prêts à y aller ?

 

En dehors des fêtes légales, il peut arriver que le prince déclare un jour férié de façon tout à fait discrétionnaire, peut-être pour célébrer une victoire des Lions, lorsqu’ils sont indomptables, peut-être aussi pour obliger la nation à suivre à la télévision son investiture à la magistrature suprême, comme ce fut le cas un 3 novembre 1997, en attendant, pourquoi pas, d’avoir un férié pour célébrer l’anniversaire du prince. Ce jour – là sans doute, le prince aura la majorité des Camerounais derrière lui. Seulement, on  n’imagine pas ce que ces fériés chômés coûtent aux entreprises et à l’économie du pays. Même le Gicam n’ose pas chiffrer ces pertes – là.

 

Je me souviendrai encore longtemps de cette journée de février 2000. Les Lions, alors impitoyables, venaient de déplumer les Aigles du Nigeria à domicile, pour remporter leur troisième Coupe d’Afrique des nations. J’avais regardé cette finale à la télé en compagnie de Alphonse Bibehe, l’alors flamboyant directeur général de Siac – Isenbeck. A peine l’arbitre avait-il  sifflé la fin de la partie que déjà, le Dg Bibehe bondissait sur son téléphone pour demander à son directeur des ressources humaines de faire diffuser un communiqué demandant aux personnels de la Siac de se rendre au travail le lendemain, férié ou pas.

 

Je crois qu'il avait raison de refuser de construire des ponts sur le calendrier, au lieu d'en construire sur les cours d'eau du pays qui en ont tant besoin.  Ce n’est pas en refusant d’aller au travail que les Camerounais développeront leur pays. En ces temps où feymania, détournements de deniers publics et corruption sont érigés en voies de ‘’réussite’’ sociale, il faut réapprendre aux Camerounais les vertus du travail, car c’est le travail seul qui empêchera ce pays de sombrer. A mon avis, il faut revoir la loi 73/5 pour en exclure toutes les possibilités de pont, et transformer certaines fêtes légales à l’instar de la fête de la jeunesse par exemple, en journée d’engagement de la jeunesse aux travaux d’intérêt public comme jadis l’opération sahel vert par exemple et ainsi, amener les jeunes à croire en leur pays et en eux-mêmes,  au lieu de rêver d’un hypothétique meilleur ailleurs. Pourquoi d’ailleurs ne réhabiliterait-on pas  la demi-journée de travail du samedi matin supprimée en 1987 ? Il y a tant de choses à faire dans ce pays et on n’en a fait que si peu. Personne ne viendra les faire à la place des Camerounais.

 

Par melvin - Publié dans : Libres propos
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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /2006 00:00

On ne saura peut-être jamais pourquoi Paul Biya ne s’est pas rendu à Addis-Abeba le 17 octobre, où il devait diriger la réunion des 15 chefs d’Etat membres du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine dont le Cameroun assure la présidence tournante en ce mois d’octobre 2006. Peut – être que son état de forme ne lui permet plus de participer à ce type de réunion marathon. Peut-être aussi qu’il ne souhaitait pas avoir à répondre aux coups de fil intempestifs de Jacques Chirac, qui a fait de cette réunion consacrée à la Côte-d ’Ivoire, une affaire personnelle. Toujours est-il que le président camerounais qui snobe les discutailleries africaines, s’est fait représenter à cette réunion par son ministre des Affaires étrangères, Jean – Marie Atangana Mebara. Donnant ainsi à Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l’Union africaine, la possibilité de diriger cette réunion cruciale et d’imposer les vues chiraquiennes qu’il était allé recueillir quelques jours plus tôt à Paris.

 

 

On le sait, à défaut d’écarter purement et simplement Laurent Gbagbo du pouvoir en Côte-d’Ivoire, Jacques Chirac veut en faire une sorte de reine d’Angleterre ayant les mains liées pour combattre la rébellion et libres pour faire sa ‘’paix’’. Dans le cadre d’un arrangement politique imaginé à l’Elysée, la constitution ivoirienne serait suspendue et le président ivoirien serait dépouillé de tous ses pouvoirs, qui reviendraient à un Premier ministre non élu, qui aurait le droit de nommer aux emplois civils et militaires et qui gouvernerait le pays en signant des ordonnances et des décrets-lois.

 

 

Dans un conclave dominé par la présence majoritaire de chefs d’Etat acquis à la France - Bongo, Compaoré, Sassou, Wade - , la ligne chiraquienne a failli passer comme une lettre à la poste. Et Laurent Gbagbo doit finalement au Cameroun de n’avoir pas été totalement dépouillé de ses pouvoirs. De sources ivoiriennes dignes de foi, c’est le ministre camerounais des Affaires étrangères qui aurait ouvert la ligne de résistance contre l’initiative visant à la suspension de la constitution ivoirienne. « Je ne comprends pas très bien pourquoi vous demandez la suspension de la Constitution de Côte d’Ivoire. La Constitution , c’est l’âme d’un pays. Dites-moi lequel des pays ici présents ou représentés n’a pas de Constitution ?», aurait-il demandé aux chefs d’Etat, les laissant perplexes et totalement désarmés. Le Cameroun a ainsi préservé la constitution ivoirienne qui, on le sait,  sert de bouclier à Laurent Gbagbo contre ceux qui veulent l’écarter du pouvoir.

 

 

Davantage, Jean-Marie Antagana Mebara, précisant qu’il s’agissait là d’une exigence du président camerounais, Paul Biya, se serait opposé à ce que le Premier ministre ivoirien ait tout seul le pouvoir de signer des ordonnances et des décrets, c’est-à-dire de gouverner sans contre-pouvoir et d’être le maître absolu du pays. Sur proposition du Cameroun, le Conseil de Paix et de sécurité a donc retenu que : « dans l’accomplissement de sa mission, le Gouvernement peut, en toutes matières, prendre, en Conseil des Ministres, des décisions par ordonnance ou décrets-lois». On note bien qu’il s’agit du « gouvernement » où tous les belligérants ivoiriens sont représentés et pas du Premier ministre tout seul. Et, « en conseil des ministres ». Or, les conseils des ministres sont présidés par le président de la République. Par conséquent, aucune décision majeure ne pourra être prise par le Premier ministre, qui n’ait été discutée en présence du président Gbagbo et de ses partisans, et donc, qui n’ait été approuvée par lui.

 

 

Le coup de pouce du Cameroun à Laurent Gbagbo est par conséquent manifeste. On se doute bien que ce n’est pas par amitié que Paul Biya a volé au secours de cet ancien opposant fougueux qui fut jadis le copain de son farouche adversaire, John Fru Ndi. Ce n’est pas non plus par défiance à l’égard de la France. Peut – être qu’on ne saura jamais non plus, si le président camerounais a ainsi agi, par rejet de l’injustice ; pour préserver la loi, les institutions républicaines et la démocratie contre un coup de force ; ou tout simplement pour ne pas faire à autrui ce qu’il ne souhaiterait pas qu’on lui fît.

 

 

 

 

 

 

 

Par melvin - Publié dans : Côte-d'Ivoire
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 00:00

Laquelle des deux est la meilleure : Barça ou Chelsea ? Chelsea – Barça ou Barça – Chelsea, c’est devenu un classique d’Europe. A chaque édition de la Champion ’s League, on y a désormais droit. En l’espace de deux ans, depuis 2004, les deux équipes les plus en vue d’Europe se sont affronté à cinq reprises, pour un parfait équilibre : deux victoires, deux défaites et un nul chacune. Et, en attendant leur sixième confrontation dans deux semaines qui pourrait les départager au Nou Camp, léger avantage psychologique à Chelsea qui a filé 8 buts au Barça et n’en a encaissé que 7. Mais aussi, les Blues comptent  dans leurs  rangs 9 nominés au Ballon d’or France football  cette année, contre 8 aux Blaugrana.

 

 

 

José Mourinho aime à le dire, à onze contre onze, jamais le Barça ne pourra battre Chelsea. La confrontation d’hier à Stamford Bridge lui a encore donné raison. Dans un match engagé, mais globalement correct, sans incident majeur pouvant entraîner une expulsion, le capitaine John Terry et ses coéquipiers ont littéralement marché sur de bien pâles Blaugrana. Et, le score de 1 – 0 sanctionnant la partie, ne reflète finalement pas la physionomie de cette rencontre qui aura révélé un grand Didier Drogba. De loin, le meilleur des 22 acteurs.

 

 

 

C’est connu, je ne parle pas le Drogba couramment. En dépit de la vague médiatique française qui le porte vers les sommets du football mondial, je trouve l’attaquant ivoirien un peu bourrin et laborieux, avec une technique de rugbyman. Mais hier, Didier Drogba a fait un excellent match, avec ce but somptueux où il reçoit le ballon, se joue de Puyol qui n’est tout de même pas le premier venu, se retourne et frappe instantanément, plaçant le cuir hors de portée du pauvre Victor Valdès. Tout ceci, en deux secondes. Du grand art. En plus, il aura été partout, en défense, au milieu, pour prêter pied fort à ses coéquipiers. Quelle abnégation !

 

 

 

Incontestablement, Didier Drogba qui a finalement rendu Sheva anonyme à Chelsea, est le joueur en forme du moment. Auteur d’un hat - trick à Sofia lors de la précédente journée, avec son but face au Barça, il prend la tête du classement des buteurs de la Champion ’s League.  Il compte désormais 4 réalisations en C1, auxquelles il faut ajouter les 5 buts déjà inscrits en championnat anglais en 8 matches. L’Ivoirien a retrouvé son rythme marseillais. De quoi en faire le prétendant le plus sérieux au titre de Ballon d’or africain 2006, si d’aventure cette distinction devait encore être décernée à un professionnel évoluant hors d’Afrique.

 

 

 

On en est à regretter qu’il ne fut pas là, Samuel Eto’o, pour porter la réplique et perpétuer la rivalité. Mais, plus qu’à nous, c’est au Barça et particulièrement à Ronaldinho que Samuel Eto’o aura manqué. Y avait-il un attaquant barcelonais hier, pour décrocher, créer des espaces pour les arabesques de Ronaldinho, faire des appels dans le sens du but ; en un mot, inquiéter la défense de Chelsea et l’empêcher d’aller participer au jeu offensif des Blues ? Qui : Gudjonhsen ? Inexistant. Gully ? Toujours prompt à confondre vitesse et précipitation. Messi ? Trop perso pour apporter un plus au collectif. Finalement, la pâle copie de Stamford Bridge élève Samuel Eto’o au rang de joueur essentiel du Fc Barcelone. En tout cas, si on en doutait encore.

 

 

 

Ronaldinho a dû se rendre compte que pour faire une passe décisive, il faut bien que quelqu’un sache en faire l’appel, réussisse à la recevoir et la concrétiser en but. Privé de son Camerounais, et déboussolé, le Brésilien rodait à Stamford Bridge tel une âme en peine ;  perdu, dépassé, brouillon et inutile. Comme le disait un journaliste anglais hier, sans Samuel Eto’o, Ronaldhino est juste un bon joueur et pas du tout un joueur d’exception. Le problème c’est que, l’attaquant camerounais est indisponible pour encore quatre mois. Il va beaucoup manquer au Barça qui devra apprendre à jouer sans lui et cravacher dur pour ne pas être éliminé de la Champion ’s League, dès le premier tour. Un seul être vous manque…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par melvin - Publié dans : chez les lions
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /2006 00:00
 
 
Place aux revenants. Le gouvernement formé vendredi dernier, marque le retour aux affaires de personnalités que l’on croyait politiquement mortes et enterrées. L’ancien secrétaire général du gouvernement, Jean Kuete, revient au gouvernement après 18 ans d’exil forcé au cœur des institutions communautaires de l’Udeac et de la Cemac. L’ancien ministre des Travaux publics Jean-Baptiste Bokam, que la rumeur avait un temps envoyé à Kondengui, dans la fourgonnette des détourneurs de deniers publics, est le nouveau secrétaire d’Etat à la Défense ; c’est-à-dire le patron de la gendarmerie qui mène en général l’essentiel des enquêtes ouvertes contre les détourneurs. C’est donc lui qui gérera désormais la prison politique qui est logée au Sed. Il y a également le philosophe Ebénézer Njoh Mouelle, viré sans ménagement du secrétariat général du Rdpc il y a une décennie, et longtemps en déphasage avec les pratiques du régime, c'est lui qui est désormais appelé à gérer la communication du gouvernement.

Pourquoi ces hommes ont-ils été écartés des affaires hier et qu’est-ce qui justifie qu’on les y ramène aujourd’hui ? Les décrets du prince d’Etoudi ont parfois des raisons que la raison du commun des Camerounais ne saurait pénétrer. Tout aussi illisible, est la vision du prince. Son recours actuel à des revenants est-il le signe d’un épuisement du réservoir dans lequel il allait pêcher de nouvelles têtes ? Ou bien marque-t-il la renonciation au rajeunissement des élites, amorcé il y a une décennie ? Dans la forêt équatoriale où Paul Biya a fait ses premiers pas, on dit souvent que quand un chasseur revient deux fois sur le même arbre, c’est qu’il s’est trompé de chemin.

Instabilité gouvernementale

On se souviendra encore de cette querelle entre Georges Ngango et François Sengat Kuoh. Au début de la décennie 80, ces deux idéologues du régime du Renouveau s’affrontaient à coups de petites phrases sur la qualité des hommes nécessaires au nouveau régime. Le premier soutenait qu’ “ on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres ”. Ce à quoi le second répondait que “ le Renouveau ne veut pas forcément dire des hommes nouveaux ”. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, entraînant au passage de nombreux gouvernements et de nombreux hommes. De Ferdinand Koungou Edima, à Yves Bello Mbelle, entre les “ vieilles outres ” et les “ hommes nouveaux ”, Paul Biya a créé quelque 230 ministres en 24 ans de règne. A titre de comparaison, son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, en 24 ans de pouvoir, n’a utilisé que 133 ministres, alors même qu’entre 1961 et 1972, fédéralisme oblige, le président Ahidjo devait former trois gouvernements à la fois : le gouvernement fédéral et les deux gouvernements fédérés ; ce qui aurait pu justifier qu’il nomme beaucoup de ministres. Et pourtant, avec désormais le même temps de gestion du Cameroun, Paul Biya a nommé près de 100 ministres de plus que son prédécesseur. Ces chiffres sont révélateurs de l’instabilité gouvernementale chronique sous Paul Biya.

Davantage, l’amalgame entre les “ vieilles outres ” et les “ hommes nouveaux ” n’a pas produit de miracle. Comme dirait Titus Edzoa, ancien ministre et éminence grise du prince,  le bilan de 24 ans de Renouveau est dramatiquement désolant . Les acquis économiques et sociaux de l’ère Ahidjo ont été dilapidés. Victor Ayissi Mvodo, baron du régime Ahidjo constatait en 1997 que le Cameroun est aujourd’hui meurtri et épuisé d’efforts et de sacrifices mal utilisés par un pouvoir résigné à accompagner passivement l’appauvrissement continu du pays dans un monde qui s’enrichit.

L’espérance de vie des Camerounais est descendue à 59 ans. Le Cameroun compte en moyenne un médecin pour 10 083 habitants, alors que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) recommande 1 médecin pour 1000 habitants. Si la santé est au sol, l’école est descendue au sous-sol. Plus de 2 millions de Camerounais de 15 ans sont analphabètes. L’éducation nationale accusait en 2002 un déficit de 53 651 enseignants et de 11 612 salles de classe. Pour résorber ce déficit, il faudrait construire 2000 salles de classes et recruter 3000 enseignants chaque année. Pour ne pas parler du délabrement des villes et des infrastructures, et du naufrage des grands paquebots de l’économie camerounaise que furent la Camair, Camship, la Régifercam, la Sonel, la Sotuc, la Snec, etc, liquidées ou au mieux, privatisées.

Faillite des élites ?

Qu’est-ce qui peut justifier un tel échec cuisant ? Dans son livre intitulé “ Un parcours vital ”, Dieudonné Oyono, aujourd’hui en charge du Programme national de gouvernance (Png), avance l’hypothèse de “ la faillite des élites camerounaises ”. “ Une élite pourtant bien formée, écrit-il, mais qui, dans certains cas, s’est perdue dramatiquement dans la superstition. Aujourd’hui, une partie de l’élite croit davantage à l’influence des sectes, des confréries et des voyants, pour régler les problèmes du pays, au détriment des critères de rationalité, de compétence, de travail et de responsabilité. La croyance dominante aujourd’hui est que l’appartenance à une secte, à une confrérie ou la consultation d’un voyant seraient la voie royale pour faire partie de l’élite dirigeante, et que ces cercles garantiraient l’impunité à leurs membres. On les crédite d’une influence déterminante sur les grandes décisions, particulièrement en matière de promotions et de nominations (…) Ainsi, les nominations, les places et les honneurs s’obtiendraient par la servilité, la flagornerie, les intrigues, les calomnies de toutes sortes et le mensonge. L’enthousiasme de la méritocratie a laissé place au malaise de la médiocrité. ”

Davantage, selon Dieudonné Oyono, “ sur le plan de la conscience morale, nécessaire pour la promotion d’un Etat au service de tous, l’élite camerounaise, installée au cœur de la puissance publique, ne semble pas être un modèle aux yeux de la société. ” Mais, l’échec dramatiquement désolant du Renouveau n’est-il que faillite des élites ? La gestion des hommes n’est-elle pas aussi en cause ? Héritier de la génération des pères de l’indépendance (les Ahidjo, Foncha, Muna, Onana Awana, Charles Assa’ale), Paul Biya a tout essayé. Il a enterré la génération des grands frères (les Eboua, Ayissi Mvodo, Sengat Kuoh), broyé la génération des camarades de séminaire (les Ngango, Mataga, Tonye Mbog), mis hors-jeu la génération des petits frères (les Hayatou, Akame Mfoumou, Joseph Owona, Titus Edzoa) et éprouvé la génération des fils (les Atangana Mebara, Abah Abah, Olanguena). Est-il possible que toutes ces générations n’aient été que de mauvais crus ? Alors, quand en 24 ans de pouvoir, un chef d’Etat a épuisé quatre générations différentes de politiciens, sans obtenir de résultat, ne faudrait-il pas interroger ses méthodes de gouvernement ? Comment par exemple le prince nomme-t-il ses ministres ? Surtout, comment utilise-t-il les ministres qu’il nomme ?

Une sélection douteuse

La nomination des ministres est discrétionnaire, c’est vrai. Mais, la pratique de ces nominations ailleurs, permet de savoir qu’en principe, n’importe qui ne peut pas devenir ministre. En général, on est nommé ministre parce qu’on a fait montre de qualités ou de capacités à travailler au bien – être des populations dans un secteur donné de l’Etat. Cette charge est confiée à des techniciens venus de la haute administration ou à des hommes politiques élus du peuple, en raison de leur connaissance du secteur en question ou de leurs projets pour ce secteur. En France, le général de Gaulle choisissait ses ministres en priorité parmi les députés. Il disait alors que “ l’Assemblée nationale est l’école normale du gouvernement ”. Apparemment, sous le Renouveau, les candidats à la charge doivent d’abord être contrôlables. Ils ne doivent rien avoir et tout devoir au régime. Pour prospérer sous le Renouveau, il ne faut avoir ni fief, ni blason. Ce régime a horreur des gens qui manifestent une capacité autonome de légitimation et les tient à l’écart. C’est pourquoi, des 62 ministres et assimilés actuels, seuls 8 ont un jour chauffé les bancs de l’Assemblée nationale comme députés (Kodock, Bello, Grégoire Owona, Charles Salé, Njoh Mouelle, Dakole, Hélé Pierre, Hamadou Moustapha). Et encore, seuls deux, (Augustin Kodock et Charles Sale) sont des élus de l’actuelle législature. Quid des 60 autres ministres et assimilés ? Ils sont devenus des hommes politiques par décrets.

François Mitterrand aimait dire qu’ “ un homme politique qui n’est pas passé par le suffrage universel n’en est pas un ”. Au Cameroun, un homme politique qui passe par le suffrage universel n’en est plus un. Le décret reste la voie royale d’accession au pouvoir et de promotion politique. Or, la différence entre un élu et un promu par décret est tout de même fondamentale. L’élu sait qu’il a des comptes à rendre à ceux qui l’ont élu et que son avenir politique en dépend. Il travaille en conséquence. Le produit du décret ne rend compte qu’à celui qui l’a nommé et dépend entièrement de lui. Les nominations sous le Renouveau obéissent aussi à la politique dite d’équilibre régional. Un ministre est avant tout le représentant de son département ou de son village au gouvernement. Un Edzoa remplacera toujours un Mbarga, un Kuete remplacera un Donfack, un Mouelle un Moukoko, etc. De la sorte, le prince s’assure qu’il ne sera fâché avec personne. Quand dans un village on pleure dans une maison et on fête dans une autre en face, il n’y a pas de révolte possible. Dans ces conditions, tout le monde peut devenir ministre et il est même arrivé que n’importe qui devienne ministre.

Merco, gombo, dodo

Justement, pourquoi devient-on ministre aujourd’hui ? Pas forcément pour mener sa politique dans un ministère qu’on découvre le jour où on y prend ses fonctions. William Eteki Mboumoua, qui avait pris sa fonction de ministre des Affaires étrangères trop au sérieux, fut limogé sans façon du gouvernement. Georges Ngango fut lui aussi remercié à cause d’une réforme hardie de l’Education nationale. Seul Titus Edzoa est parvenu à conduire une réforme jusqu’au bout. Normal, il s’agissait de museler l’université dont les étudiants étaient devenus une menace politique. D’autres ministres comme Garga Haman Adji ont vu leurs réformes bloquées ou dénaturées à la présidence de la République par l’armée des conseillers techniques du prince qui rêvent tous d’un maroquin ministériel. D’autres ministres encore quittent le gouvernement sans avoir rencontré le président une seule fois. Paul Biya est connu pour ne pas tenir souvent de conseils de ministres. En 24 ans de pouvoir, il a tenu moins de 70 conseils de ministres en tout. Soit 2,9 conseils de ministres par an. Une belle moyenne, quand on sait que la plupart de ses homologues africains en tiennent une cinquantaine chaque année.

Le président de la République qui ne s’émeut d’ailleurs pas outre mesure de ce bilan peu élogieux le trouve tout à fait normal et l’explique. Dans “ Un nouvel élan ”, son livre d’entretiens avec le journaliste Charles Ndongo, Paul Biya déclare que “ le rôle du chef de l’Etat (…) est de définir les grandes orientations du pays et de veiller à ce qu’elles soient mises en œuvre. Le suivi quotidien de l’action gouvernementale est l’affaire du Premier ministre, qui tient des conseils de cabinet. Je l’ai été pendant plusieurs années. Je sais ce qu’il en est ”. C’est certainement parce que Jacques Chirac ne définit pas la politique du gouvernement français et qu’il n’a jamais été Premier ministre, qu’il réunit un conseil de ministres chaque mercredi. Mais, de quelle autorité dispose le Premier ministre dans un gouvernement dont il n’est que le premier des ministres ?

Tel que ça fonctionne sous le Renouveau, nombre de ministres ont compris qu’ils ne sont pas nommés pour travailler, mais pour manger, nourrir leurs villages et assurer la réélection du prince. C’est merco, gombo, dodo. Pour certains comme Nana Sinkam qui ont refusé leur nomination, devenir ministre n’est plus une consécration, mais une punition. Un cadre qui nourrit depuis quelques années l’ambition de devenir ministre et qui ne figure toujours pas dans le gouvernement de vendredi dernier a ce commentaire : “ peut-être que je n’ai pas encore l’incompétence nécessaire pour devenir ministre sous le Renouveau ”. Un autre lui, se réjouit de n’en être pas, parce que, “ ici, on entre au gouvernement OK et on en sort KO ”. Heureusement, on peut toujours y revenir une décennie après en être parti.
Par melvin - Publié dans : politique
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