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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /2007 11:33

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Il a fallu 48 heures aux autorités camerounaises pour localiser l’épave de l’avion de la Kenya Airways. N’eût été le caractère dramatique de la situation, on aurait parlé d’un gag. Comment tout un Etat peut-il se gourer autant sur la position d’un avion alors que le simple bon sens pouvait permettre d’arriver plus vite sur les lieux du crash ? Cette nouvelle tragédie de l’aéronautique africaine a des causes précises. Il s’agit d’abord de défaillances humaines dont la plus grande responsabilité incombe à l’Etat camerounais, chargé d’assurer la sécurité des vols sur ses aéroports, et d’intervenir en cas de besoin. Déjà, en laissant décoller l’aéronef alors que la météo était infernale, les services aéroportuaires ont fait preuve d’une légèreté dont on connaît le résultat : plus de cent vies enlevées. En matière de sécurité aérienne, l’approximation n’est pas permise. Les passagers sont toujours pressés et les compagnies soucieuses d’être à l’heure. Mais il appartient aux contrôleurs aériens de faire preuve d’une rigueur à toute épreuve. Non contents d’avoir laissé décoller l’avion kenyan, les aiguilleurs du ciel et les secours camerounais sont allés se promener à 150 kilomètres du lieu de l’accident, perdant un temps fou à patauger dans le vide et mettant à nu leur incapacité à répondre aux exigences de rapidité et d’efficacité qu’imposent de telles circonstances. Qui sait, peut-être qu’une prompte réaction aurait permis de retrouver et de sauver des blessés ayant survécu au crash. Des miraculés, on n’en trouve que si les secours arrivent tôt.

Le drame de l’avion kenyan vient ajouter une ombre de plus à la situation déjà peu reluisante des transports aériens au Cameroun. On se souvient que la France avait interdit sur son territoire Cameroon airlines en raison du mauvais état de sa flotte. Cette sanction aurait dû servir de signal d’alerte aux Camerounais en vue de prendre les dispositions pour se mettre au diapason des normes internationales. Mais les employés de la compagnie ont vu en cette décision française une sorte de concurrence déloyale en faveur d’Air France. Il est possible que l’Etat français use de subterfuges pour protéger son fleuron aéronautique. Cependant, on ne peut lui dénier le droit de refouler les cercueils ambulants que sont certains avions africains.

L’état de Cameroon airlines est à l’image du laisser-aller qui règne dans les aéroports camerounais. Beaucoup de voyageurs ont gardé un mauvais souvenir de Douala pour son aéroport qui a tout d’un bazar. A la corruption et au laxisme traditionnels sont venues se greffer les rancoeurs de travailleurs frappés de plein fouet par la récession économique. Dans un climat d’affairisme effréné, les innocents voyageurs sont les victimes potentielles. Il n’est un secret pour personne que le plus performant des avions ne vaut que par la qualité des services au sol. Or, visiblement, les zones aéroportuaires, censées être des îlots d’excellence, n’échappent pas à la mal gouvernance générale qui gangrène les administrations africaines. Si bien que l’avion, qui apparaît ailleurs comme le moyen de transport le plus sûr, fait peur.

Les Kenyans ne sont sans doute pas exempts de critiques. C’est le deuxième crash que leur compagnie aérienne connaît, après celle de 2000 au large d’Abidjan. Deux drames de cette ampleur en 7 ans, c’est trop. Il faut cependant croire que ce pays n’a pas de chance, si l’on considère qu’en tant que grand pays de tourisme, il fait tout pour sécuriser ses vols. Il serait de ce fait allé vite en besogne que d’accuser le Kenya d’incompétence, d’autant que l’avion tombé à Douala n’aurait que six mois d’existence.

La dégradation de la qualité des prestations dans certains aéroports nécessite une réaction vigoureuse de l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne), la seule structure panafricaine dont le professionnalisme est reconnu de tous. Au nom de la sauvegarde de ces vies humaines victimes chaque année de l’incurie des dirigeants, cette agence a un devoir d’intervention. Elle doit imposer une discipline de gestion très stricte dans les aéroports africains. Aux canards boiteux qui refusent de s’adapter aux normes internationales, elle devrait brandir des menaces de sanction tout en publiant une sorte de liste noire des aéroports dangereux. La perspective d’une mauvaise publicité et donc d’une baisse du trafic peut inciter certains responsables à comprendre enfin qu’on ne transige pas avec la vie des voyageurs. Dans un monde de grande mobilité, où les frontières deviennent inexistantes pour divers échanges, l’avion sera de plus en usité par les Africains. Il est donc impérieux que les autorités politiques s’adaptent à cette aspiration des populations à voyager plus vite et plus loin, en modernisant les outils de voyage que sont les aéroports et les avions.

Source: http://www.lepays.bf

Note de Melvin:  J'aurais tant aimé que cette critique pertinente fût celle d'un journal camerounais. Hélas, elle vient du Burkina-Faso.

Par melvin - Publié dans : Libres propos
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 15:23
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La montagne a finalement accouché d’une souris. Annoncé depuis des mois comme le sommet de l’élection présidentielle française de 2007, le face-à-face Sego – Sarko n’a finalement pas tenu ses promesses. Il n’entrera pas dans l’histoire comme un classique du genre. Il n’avait pas ce souffle, ce relief et cette magie qui emballe, captive et emporte l’adhésion. Rien à voir avec les Giscard – Mitterrand de 1974 et 1981, ni même le Mitterrand – Chirac de 1988. On attendait une confrontation de projets sur l’avenir, on a eu droit à un choc de personnalités : Ségolène, humaine et généreuse, Sarkozy, technocrate et pointilleux. La confrontation s’est muée en un dialogue de sourds qui a éclipsé le débat, ennuyeuse discutaillerie parfois, longue chamaillerie surtout.

Pour en faire un débat, il a manqué à ce face-à-face un modérateur. Absents et révérencieux, les journalistes commis à la tâche semblaient faire partie du décor lumineux. A aucun moment, ils n’eurent la main, ni sur le timing, ni sur les échanges, même lorsque ceux-ci volaient bien bas. On pourrait penser que les règles de ce face-à-face leur interdisaient l’irrévérence, pour ne pas paraître partiaux. Mais, ce serait  ignorer que la presse française ne fut pas bien différente durant cette campagne électorale. Docile, le contre-pouvoir qu’elle fut jadis, a renoncé à son devoir citoyen d’impertinence, pour se muer en simple support des pouvoirs.

Egalement, pour faire de ce duel télévisé un grand moment politique, il a peut-être manqué de vrais présidentiables : deux candidats ayant le sens de l’histoire, une vision de l’avenir, un dessein pour la France, et même, pourquoi pas, habitant déjà la fonction. Sarkozy, a fait montre d’une certaine maîtrise technique des dossiers, comme pourrait l’être un bon Premier ministre. Ségolène, quant à elle, confuse et vague, n’est pas parvenue à mettre fin au procès en déficit de compétence, publiquement ouvert contre elle.

L’élection présidentielle de 2007 marque décidément la fin des monstres sacrés de la politique française ; ces hommes, fondateurs ou fédérateurs, ayant une grande idée de leur pays, et sachant la faire partager par le peuple pour le porter vers l’avenir. La France entre dans l’ère des communicants où l’opinion fait les politiques. Une époque où l’image et la forme priment sur le programme et le fond, et où les sondages prennent le pas sur le suffrage universel et imposent un candidat à un parti et un président à un pays.

Des Grecs, jadis, demandaient au sage au Solon : « quelle est la meilleure constitution ? » Il leur répondait : « dîtes-moi d’abord, pour quel peuple et à quelle époque ? » Certains choix fondamentaux dépendent donc de l’époque où on les fait. Aujourd’hui, à l’ère des communicants, l’autorité de De Gaulle suffirait-elle à le faire élire président en France ?

Par melvin
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /2007 13:31
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Joseph – Charles Doumba a quitté tout essoré, le secrétariat – général du Rdpc, sans qu’on ne sut jamais ce qu’il apporta pendant 15 ans, dans la gestion quotidienne de ce parti, au-delà de cette inertie avérée, de ces luttes de clans visibles et d’un certain affairisme rampant qui anoblit de la dignité publique, des personnages douteux qui n’eurent jamais les valeurs du Renouveau originel.  Pour le remplacer, le président du parti, qui se trouve aussi être celui du Cameroun, a surpris tout le monde. Il a choisi René Sadi ; un homme du sérail qui, sans être tout à fait un inconnu, n’est pas très exactement ce qu’on peut appeler un homme politique. Militant administratif du parti au pouvoir, il n’a jamais connu les aléas du suffrage universel qui couvrent les bizuts et les technocrates des attributs de la légitimité. Pour diriger un parti de cette envergure, il y avait sans doute au Rdpc, des hommes plus politiques et plus engagés que ce militant de cabinet. Mais, il n’est pas dit que le prince avait nécessairement besoin d’un homme faisant montre de capacités autonomes de légitimation. La proximité et la fidélité ont pu être des atouts déterminants dans son choix.

René Sadi, secrétaire général du Rdpc? C'est un peu comme si Dominique de Villepin quittait l’Elysée pour prendre la direction de l’Ump. Ce diplomate qui a fait l’essentiel de sa carrière à Etoudi, est profondément imprégné de la pensée du prince dont il rédige par ailleurs les discours. Son arrivée au secrétariat général du Rdpc correspond à une reprise en mains de ce parti par son président. Le Palais des congrès, siège du Rdpc devient pratiquement une annexe du Palais d’Etoudi. Outre le secrétaire général du parti qui est aussi secrétaire général adjoint à la présidence de la République, le premier secrétaire – général adjoint du Rdpc est ministre délégué à la présidence de la République, et le deuxième secrétaire – général adjoint du Rdpc, un fidèle des toutes premières heures du Renouveau. A ceux-là, le prince a adjoint des zélateurs du Renouveau, tels que Fame Ndongo et Bidoung Mkpwatt.

Il va dès lors de soi, que le prince qui a par ailleurs fait fi dans ce renouvellement, du G11 et de la tendance dite des ‘’Modernistes’’, a voulu avoir à la direction du Rdpc, des hommes qui lui sont entièrement dévoués et qui lui obéiront au doigt et à l’œil. Ce qu’ils feront, sera ce qu’il aura voulu. Ils sont en mission commandée. Reste à savoir quelle est cette mission. On peut douter qu’il s’agisse de restituer au ‘’Parti des flammes’’ ses valeurs d’antan de rigueur, de démocratie et de moralisation. Autrement, on ne comprendrait pas que, fassent aujourd’hui partie du secrétariat général du Rdpc, des personnages poursuivis par la clameur publique, et dont on se demande toujours comment ils ont pu échapper aux filets de l’Opération Epervier, à moins que celle-ci ne fut jamais annonciatrice de  moralisation de la vie publique.

En revanche, la mission commandée peut bien être de préparer le terrain à un nouveau mandat du prince : gagner haut la main les prochaines législatives et légitimer une révision de la constitution en 2008, pour une nouvelle candidature en 2009. Comme il peut s’agir aussi, cela n’est pas à exclure, de préparer le terrain à un dauphin que le prince voudrait imposer à son propre camp. Un dauphin qui ne serait certainement plus l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge, souvent présenté comme un possible successeur du prince, et dont on attendait l’arrivée à la tête du Rdpc, voire à la présidence du futur Sénat, et qui vient d’être garé à la grande chancellerie des ordres nationaux, le jour même où la direction du Rdpc est renouvelée.

 

Partira, partira pas ? Paul Biya cachera ses intentions jusqu’au bout. Et, le renouvellement de la direction du Rdpc est aussi un message envoyé à ceux qui préparent la guerre de succession : le prince est là, bien encore là. Il demeure le maître absolu de son camp, et tout projet d’avenir dans ce camp, devra tenir compte de sa volonté.

 

Y a-t-il un Sarkozy au Rdpc ?

Par melvin - Publié dans : politique
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 13:41

 

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C'est définitif! Pierre Womé ne veut plus jouer avec les Lions Indomptables. Le défenseur du Werder de Brême ne comprend pas sa non - sélection pour le match Cameroun - Liberia de ce dimanche et en a assez que d'aucuns lui reprochent encore ce penalty manqué qui eut pu envoyer les Lions en Coupe du monde allemande. Dans un entretien accordé à Mutations, le Fauve en colère explique les raisons de sa décision. Une vraie histoire de quartier. Où l'on apprend que Roger Milla a passé un coup de fil à Womé pour lui dire qu'il apprend qu'il n'est pas sélectionné. Et surtout, Milla lui a dit que ... le ministre des Sports lui a dit que ...l'entraineur Nyonga lui a dit que ... Samuel Eto'o dit que, lui Womé ne reviendra chez les Lions que s'il lui demande pardon à lui Eto'o et aux autres joueurs. Et pour ne rien arranger, Jean - Paul Akono, l'entraîneur des Lions juniors, a appelé le même Womé pour le prier de ne présenter des excuses à personne. De quoi je me mêle? Est-on tenté de se demander.

Tout ce foin pour un joueur, certes talentueux, mais souvent mis au ban de l'Equipe Nationale, pour ses écarts de comportement; un joueur qui a tout de même impoliment refusé ses deux dernières convocations en Equipe Nationale, et dont rien ne dit par conséquent, qu'il aurait accepté de participer au match Cameroun - Liberia, s'il avait été sélectionné. Au moins, ces cancans de demoiselles dignes des salons de coiffure de Mokolo, ont le mérite de faire la lumière sur l'ambiance pourrie qui règne autour des Lions Indomptables. Des personnages, sans rôle officiel en rapport avec l'Equipe Nationale, mais, profitant de la confusion des rôles entre le ministère et la fédération, ainsi que du peu de légitimité des dirigeants actuels du football camerounais, usent de leur nom ou de leur influence pour semer la zizanie chez les Lions. Ils agissent comme si la marche des Lions s'arrêterait si eux, n'existaient pas. Ils aiment ou n'aiment pas les entraîneurs choisis et usent de moult intrigues pour se faire entendre. Ils veulent ou ne veulent pas de tel joueur ou de tel autre. C'est à peine si on ne les retrouve pas dans les vestiaires, à refaire la composition de l'équipe et la causerie aux joueurs, à la place du coach. A l'occasion, le ministre ou le président de la fédération se servira d'eux pour faire la guerre à ses ennemis d'en face.

Il faut oser un exemple: que fait Roger Milla auprès des Lions Indomptables? Surtout, que leur apporte-t-il? Le roi Pelé, tout influent qu'il demeure, n'eut  jamais la même omniprésence dans le quotidien de la Seleçao, ni Maradona chez les Argentins, Cruyff chez les Hollandais et Platini chez les Français. Le dire, ce n'est pas renier le passé du vieux Lion. Ce n'est pas non plus refuser que la nation soit reconnaissante à son immense apport au football camerounais. Mais, faut-il, au nom de la reconnaissance due à son passé, renoncer à l'avenir de notre football? Encore que, d'autres Lions qui apportèrent tant à ce football, n'eurent jamais les mêmes privilèges: Nkono, Abéga, Bell, Mbida, Kundé, Omam; pour ne citer que les plus symboliques.

Depuis 2002, les Lions Indomptables n'ont plus rien gagné. Ils ont été éliminés en quarts de finale de la Can 2004, puis en huitièmes de finale deux ans plus tard, et n'ont participé ni à la dernière Coupe du monde, ni au dernier tournoi de football des Jeux Olympiques, dont ils étaient pourtant le champion sortant. Si l'on n'y prend garde, le Cameroun qui ne fait plus peur ni au Soudan, ni à la Guinée Equatoriale, ne gagnera pas la prochaine Can et pourrait bien ne pas se qualifier pour la Coupe du monde sud-africaine. Ce qui est arrivé une fois, peut arriver une fois de plus. Non pas que Samuel Eto'o et ses coéquipiers soient devenus des footballeurs médiocres, mais à cause de l'environnement malsain de la sélection.

Les raisons de la chute vertigineuse des Lions sont à trouver dans les intrigues de leur entourage et la gestion approximative de leur encadrement technique et administratif. En sept ans, depuis 2000, les Lions ont usé 7 sélectionneurs, le Sénégal 4, la Côte - d'Ivoire et la France 3 chacune. Record absolu donc pour une sélection de ce niveau. Dans le même temps, des joueurs essentiels tels que Lauren Etame, ont renoncé à la sélection, dégoûtés par l'amateurisme et les intrigues du milieu. D'autres continuent de venir, juste par devoir. Il faut donc faire le menage autour des Lions. Je propose ici, trois mesures minimales pour y parvenir.

1- la distribution claire et nette des responsabilités entre le ministère des Sports et la Fédération. Au ministère, la régulation et le contrôle du sport en général, et du football en particulier. La construction et l'entretien des infrastructures étant bien entendu, de la responsabilité de l'Etat, des régions et des municipalités. Pour peu que l'on donne encore un minimum de valeur au travail gouvernemental, le rôle d'un ministre de la République n'est tout de même pas d'aller superviser des entraînements, furent-ils ceux des Lions Indomptables du Cameroun; ni de s'assurer que l'équipementier a expédié des shorts pour les joueurs. La gestion quotidienne du football et de l'Equipe Nationale doit revenir à la Fédération, dans tous ses aspects, techniques, administratifs et financiers. La Fédération en a la vocation et la responsabilité internationale.

2- la désignation d'un sélectionneur à objectifs. Un tel sélectionneur aurait pour mission de bâtir une nouvelle sélection du Cameroun, compétitive et conquérante. Il aurait totalement les mains libres pour mener sa mission à bien, et serait jugé sur la durée et non sur des résultats immédiats. Par exemple, il se servirait de la suite des éliminatoires de la Can 2008 et de la Can 2008 elle-même, pour rôder ses nouveaux joueurs. Il devra par la suite qualifier le Cameroun pour la Coupe du monde 2010, gagner la Can 2010 et figurer dans le dernier carré de la Coupe du monde en Afrique du Sud.

Je ne vois pas de coach camerounais local jouant ce rôle. D'abord, les entraîneurs locaux sont tellement trempés dans les intrigues du milieu, et manquent cruellement de charisme, voire même de légitimité, pour pouvoir en imposer, même à leurs propres joueurs. Il est par exemple effarant d'entendre Jules Nyonga, le titulaire de la charge, avouer qu'il n'a pas de contact direct avec Samuel Eto'o, son joueur majeur, avec lequel il  parle par personnes interposées. Ensuite, il n'y a pas de coach local qui s'impose par ses résultats. Comment en choisir un, sans verser dans le favoritisme ou le copinage? En dehors de Jean - Paul Akono, il n'y en a pas un, qui ait conduit une sélection ou un club camerounais à un titre international depuis maintenant plus de 20 ans. Pour prétendre entraîner les Lions, il faut déjà aspirer à encadrer Cotonsports de Garoua, le club qui domine le championnat camerounais depuis plus d'une décennie et qui est entraîné par un étranger, parce qu'il n'y a pas sur le marché local, de coach camerounais à sa dimension. Alors, si Cotonsports trouve les locaux indignes de son rang,  a fortiori l'Equipe Nationale?

En 2005, trois semaines après le fâcheux  penalty manqué, Pierre Womé tout enthousiaste à l'idée d'être réconforté par un responsable camerounais, reçoit un coup de fil d'un entraîneur local très en cour dans l'encadrement des Lions Indomptables. A sa grande surprise, le joueur s'entend dire par le coach: "Petit frère, avec ce qui se passe, je crois que tu ne reviendras plus au pays. Je souhaite que tu me vendes ton terrain de Biyem - Assi". Le renouveau des Lions peut-il se faire avec de tels entraîneurs affairistes? Qu'il s'agisse d'un Camerounais ou d'un étranger, le sélectionneur à objectifs devra faire le ménage et rajeunir la sélection. Il est tout à fait indiqué qu'il soit un homme neuf n'appartenant pas au système pourri actuel auquel il ne doit rien et qui ne le tient pas.

3 - la désignation d'un manager général des Lions. Le manager général serait une sorte de directeur général de l'Equipe Nationale. L'interface entre l'Etat, la Fédération, les partenaires des Lions et les clubs employeurs des joueurs de l'Equipe Nationale. Il aurait en charge, la gestion administrative et celle des ressources financières de l'Equipe Nationale. Un ancien footballeur à la stature internationale, ayant fait une carrière professionnelle respectable, bénéficiant d'un sens certain du management, avec des entrées à l'étranger, et fort d'un charisme avéré, serait le bienvenu à un tel poste.

Ces mesures minimales supposent toutefois que la Fédération camerounaise de football gestionnaire du football camerounais, soit elle-même, devenue professionnelle. Et là, je me demande s'il faut vraiment rêver.

 

- Publié dans : chez les lions
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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /2007 08:50

 

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Chirac s’en va donc. Le 5e président de la Cinquième République ne sera pas le premier président de la Sixième  République qui se prépare en France. Peut-être même sera-t-il le tout dernier président de la Cinquième qu’il aura traversée de bout en bout, ministre ou Premier ministre de chacun des présidents de la Cinquième République, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, avant d’occuper lui-même le château de l’Elysée. Dans « La tragédie du président », un des nombreux livres qui accompagnent le crépuscule de l’ancien maire de Paris, le journaliste Franz-Olivier Giesbert explique que Jacques Chirac « restera un cas dans l’histoire de la France. Une incongruité et un record de longévité » : Deux fois Premier ministre (1974-1976 et 1986 – 1988), il aura gouverné la France  pendant quatre ans avant d’être appelé à la présider pour douze.

De ces seize années de pouvoir, l’histoire retiendra peut-être son opposition remarquable et déterminée à la guerre américaine en Irak. Mais, il n’est pas sûr que les Français gardent de son ère, un souvenir impérissable, tant Jacques Chirac aura symbolisé à la fois le déclin français et l’impuissance des pouvoirs publics. Certains, comme son ennemi intime, Jean – Marie Le Pen, trouvent même qu’il aura été « le plus mauvais président de l’histoire de la France ». Il faut reconnaître qu’avant lui, il y eut plus grand, plus méthodique, plus brillant et plus habile : De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand. Incontestablement, De Gaulle et Mitterrand furent les plus grands. De Gaulle osa partir de l’histoire pour entrer en politique. Mitterrand avait su rester en politique pour entrer dans l’histoire. Peut-on imaginer une comparaison entre Chirac et De Gaulle ? Peut-on même oser le comparer à son prédécesseur ? Dans « L’homme qui ne s’aimait pas », le journaliste Eric Zemmour écrit que Mitterrand avait un rapport au temps quand Chirac n’avait qu’un emploi de temps : courir après une ambition personnelle, être président. Cette sorte de fin en soi.

Dans sa relation avec le pouvoir politique, Jacques Chirac avait une démarche, une attitude de président africain. Il avait la même ivresse du pouvoir. Depuis son entrée au gouvernement en 1967, il n’a plus quitté les lambris des palais officiels. Il a survécu à toutes les guerres de succession et enjambé toutes les alternances. Une belle incongruité en Occident. Et pour durer autant, le bourreau de Chaban-Delmas et Giscard a beaucoup menti, trompé, trahi et ‘’tué’’. Sa dissolution de l’Assemblée nationale en 1997 ; se servir de la constitution pour des convenances personnelles, avait aussi quelque chose d’africain. Parfum d’Afrique également, ces scandales et ces affaires de corruption où l’on lui reproche de n’avoir pas su faire la différence entre les caisses publiques et les fonds privés. Et pour couronner le tout, Jacques Chirac vivra sa retraite avec la même angoisse qu’un ancien chef d’Etat africain. La peur d’avoir à répondre de sa gestion devant un juge et d’être jeté en prison. Peut-être même, s’exilera-t-il sous les tropiques pour échapper à pareille humiliation.

On peut comprendre pourquoi Jacques Chirac affectionna tant les sommets France – Afrique. Des fois qu’il aurait aimé être Biya, Sassou ou Bongo.

Par melvin - Publié dans : France
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